Le projet du groupe pharmaceutique français Sanofi de céder le contrôle de sa filiale Opella, qui commercialise le Doliprane, au fonds d’investissement américain CD&R, suscite de vives réactions. Malgré l’annonce d’une participation minoritaire de l’État français au capital, les inquiétudes demeurent quant à l’impact de cette transaction sur la production nationale.
Dans un communiqué publié ce lundi, Sanofi a confirmé être entré en négociations exclusives avec CD&R pour la cession de 50% de sa participation dans Opella. La valorisation de cette filiale est estimée à environ 16 milliards d’euros, et l’offre de CD&R est qualifiée de « ferme et entièrement financée ».
La banque publique d’investissement Bpifrance prévoit d’investir entre 1 et 2% dans Opella afin de « préserver l’ancrage français d’actifs stratégiques », a déclaré son directeur général, Nicolas Dufourcq. Ce dernier a également assuré que Bpifrance serait active au conseil d’administration pour garantir la bonne gouvernance de l’entreprise.
Actuellement, Sanofi devrait conserver environ 48% des actions d’Opella, bien que la durée de cette implication ne soit pas précisée. La société a simplement affirmé qu’elle s’attend à un partenariat à long terme.
Un accord tripartite entre l’État, Sanofi et CD&R, annoncé par le gouvernement, impose des sanctions financières significatives en cas d’interruption de la production sur les sites français d’Opella. Cela inclut des pénalités pouvant atteindre 40 millions d’euros en cas d’arrêt de la production et 100 000 euros par emploi supprimé lors de licenciements économiques. De plus, un engagement d’investissement de 70 millions d’euros en France sur cinq ans a été formulé.
La finalisation de la transaction est prévue pour le deuxième trimestre 2025. Selon Sanofi, CD&R a pour ambition d’accélérer la croissance d’Opella, qui compte 115 marques à l’international et emploie 11 000 personnes dans près de 100 pays, en visant à créer un « champion français mondial de la santé grand public ».
Cependant, cette opération a suscité des critiques. Le député de La France Insoumise, Manuel Bompard, a appelé à bloquer la vente, arguant que la participation de 1% de l’État ne lui donnerait pas un poids suffisant dans les décisions stratégiques. D’autres députés, comme Clémence Guetté, s’inquiètent des conséquences sur l’emploi, citant des précédents de licenciements massifs dans des entreprises acquises par CD&R.
À l’opposé, le député Frédéric Valletoux a souligné l’importance de maintenir la production en France du principe actif du Doliprane, le paracétamol, tout en appelant à un dialogue constructif autour de cette transaction.



