Le célèbre chanteur malien Salif Keita a une fois de plus pris position de manière ferme en faveur du régime militaire au pouvoir à Bamako, exprimant un soutien total aux décisions prises par les généraux. Dans une interview récente accordée à la radio allemande Deutsche Welle, l’artiste a réaffirmé son approbation du retrait du Mali de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dénonçant l’organisation qu’il considère comme « un instrument de manipulation » et un frein à la défense des intérêts de l’Afrique.
« La CEDEAO, un instrument de manipulation »
Salif Keita ne mâche pas ses mots lorsqu’il parle de la CEDEAO. Selon lui, l’organisation régionale ne répond plus aux besoins du continent et a dévié de sa mission initiale. « La CEDEAO ne répond pas aux critères de défense de l’Afrique », a-t-il déclaré, soulignant que l’institution était devenue un outil au service de puissances extérieures, qui, selon lui, « étaient en train de détruire le Mali ». Le chanteur, avec la véhémence qui le caractérise, a ajouté que la politique de la CEDEAO « va contre nos intérêts » et qu’il n’y a « aucun intérêt à rester dedans ».
Pour Salif Keita, la décision de se retirer de la CEDEAO est non seulement nécessaire, mais aussi pleinement justifiée, car l’organisation ne représente plus les aspirations profondes des peuples africains.
Soutien à la candidature d’Assimi Goita
Dans cette même interview, Salif Keita a abordé un autre sujet brûlant : la question de la prochaine élection présidentielle au Mali. L’artiste a exprimé son soutien à une éventuelle candidature du colonel Assimi Goita, actuel président de la transition, soulignant que le général devrait poursuivre l’œuvre entamée. Selon Keita, Goita est le leader idéal pour le Mali, car il « connaît déjà le pays » et les problèmes auxquels il fait face.
« Il est là, il est jeune, il a le temps de comprendre le pays et de le diriger. Il connaît tous les problèmes qui se posent au Mali », a déclaré Salif Keita. Pour lui, il n’est pas question de chercher ailleurs : « Nous ne serons pas là à recommencer les élections comme le veulent les Occidentaux. Non ! Nous mettons quelqu’un qui connaît notre problème et qui est capable de le résoudre. Ce ne sera pas le choix des Occidentaux, mais le choix des Maliens ».
Un soutien à la souveraineté nationale
Ce soutien sans réserve à la junte et à son projet de gouvernance semble s’inscrire dans un contexte plus large de remise en question de l’ingérence étrangère en Afrique. Pour Salif Keita, la souveraineté malienne passe par un leadership capable de résister aux pressions extérieures et de défendre les intérêts du pays sans compromis.
Ce discours, empreint de patriotisme et de révolte contre ce qu’il perçoit comme des ingérences étrangères, résonne particulièrement dans un Mali en pleine transition, où les rapports avec les puissances occidentales, notamment la France et la CEDEAO, sont tendus. En prenant publiquement position, Salif Keita, l’une des voix les plus respectées du continent, marque son soutien à un projet politique qui défend avant tout les choix du peuple malien, loin des diktats extérieurs.
À travers ces déclarations, l’artiste réaffirme son rôle non seulement en tant qu’ambassadeur de la culture africaine, mais aussi en tant qu’acteur engagé dans les luttes politiques et sociales de son pays.



