L’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, est annoncé à la tête d’un nouveau mouvement politico-militaire, le Front pour la refondation de la nation (FRN). Rendue publique le lundi 12 octobre 2026, cette initiative suscite de vives réactions dans la classe politique congolaise.
Le mouvement compte notamment parmi ses vice-présidents Corneille Nangaa, coordonnateur de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), et Bertrand Bisimwa, président du M23. Cette nouvelle configuration intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les autorités de Kinshasa et les groupes armés opposés au gouvernement.
Augustin Kabuya prédit une fin tragique à Kabila
Cette annonce a provoqué une vive réaction d’Augustin Kabuya, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti présidentiel. Il a vivement critiqué l’orientation attribuée à l’ancien chef de l’État, allant jusqu’à évoquer le destin de Jonas Savimbi, ancien chef de la rébellion angolaise de l’UNITA.
« Kabila finira comme Savimbi », a-t-il déclaré mardi, à la sortie d’une rencontre avec Christophe Mboso Nkodia Mpwanga, au siège du parti présidentiel.
Pour étayer sa comparaison, Augustin Kabuya a rappelé que Jonas Savimbi avait défié la communauté internationale. Il estime que Joseph Kabila prend aujourd’hui une orientation susceptible de lui attirer des conséquences similaires.
Jonas Savimbi avait été tué en février 2002 lors d’un affrontement avec l’armée angolaise, près de Lucusse. Il dirigeait alors l’UNITA, un mouvement rebelle qui avait combattu les autorités angolaises pendant plusieurs décennies.
Un nouvel enjeu pour le pouvoir de Félix Tshisekedi
La création annoncée du FRN pourrait modifier les rapports de force entre les autorités de Kinshasa et les mouvements qui leur sont opposés. La place attribuée à Joseph Kabila au sein de cette nouvelle structure soulève également des interrogations sur son positionnement politique et militaire.
Pour Augustin Kabuya, cette initiative clarifie le rôle de l’ancien président dans la dynamique de la rébellion. Cette interprétation reste toutefois une déclaration politique dont les éléments doivent être distingués des faits établis.
L’évolution du FRN, ses objectifs et ses actions permettront de mieux mesurer sa portée dans la crise sécuritaire et politique que traverse la République démocratique du Congo.



