Les fortes pluies qui se sont abattues sur Dakar et plusieurs localités du Sénégal ce week-end ont une nouvelle fois révélé l’ampleur de la vulnérabilité du pays face aux inondations. À Dakar-Yoff, les précipitations ont atteint 137,5 mm en 24 heures, faisant de cet épisode le troisième plus intense enregistré depuis 1981. Des quartiers entiers se sont retrouvés sous les eaux, avec d’importantes difficultés de circulation et de lourds dégâts matériels.Au-delà des dégâts matériels, le bilan est surtout marqué par des pertes humaines.
Parmi les victimes figure Awa Ngom, 25 ans, morte noyée dimanche avec son fils B. Sarr, âgé de 4 ans. Le drame a suscité une vive émotion, alors que les secours et les populations faisaient face à la montée rapide des eaux. La jeune mère a par la suite été inhumée à Ngoudiane, laissant derrière elle une famille endeuillée par une tragédie survenue en pleine saison des pluies.
Face à l’ampleur du phénomène, la question de la réponse publique revient avec insistance. 921 milliards de francs CFA ont été annoncés par le Premier ministre pour lutter contre les inondations et tenter d’endiguer durablement le phénomène. Une enveloppe considérable qui devra notamment permettre de renforcer les infrastructures d’assainissement, d’améliorer l’évacuation des eaux pluviales et de réduire l’exposition des populations installées dans les zones les plus vulnérables.Mais derrière les chiffres et les annonces budgétaires, ce sont des familles entières qui vivent encore les conséquences des inondations.
Des maisons envahies par les eaux, des routes impraticables, des véhicules submergés et des biens détruits illustrent la violence des précipitations enregistrées ces derniers jours. Le bilan de ce week-end remet ainsi au premier plan l’urgence d’une politique durable contre les inondations, alors que chaque épisode pluvieux important continue de faire planer la menace de nouveaux drames.
Entre pertes en vies humaines, dégâts matériels et milliards annoncés, les pluies de ce week-end auront une nouvelle fois rappelé que les inondations restent l’un des défis majeurs auxquels le Sénégal doit apporter une réponse structurelle.



