Deux mois après avoir été refoulé du territoire américain à quelques jours de la Coupe du monde 2026, Omar Abdulkadir Artan a vécu une soirée historique mercredi à Salzbourg. L’arbitre somalien a dirigé la Supercoupe d’Europe entre le Paris Saint-Germain et Aston Villa (2-1), devenant le premier officiel non européen à arbitrer cette compétition.
À 34 ans, Artan faisait pourtant partie des arbitres retenus par la FIFA pour le Mondial 2026. Mais son aventure américaine s’est arrêtée avant même le début du tournoi. Arrivé à l’aéroport international de Miami, il s’est vu refuser l’entrée aux États-Unis.
Le département d’État américain avait évoqué des liens supposés avec des personnes proches d’organisations terroristes. Des accusations rejetées par l’arbitre, dont le retour en Somalie avait suscité une importante mobilisation populaire. La FIFA, par la voix de Gianni Infantino, avait alors qualifié l’épisode de malheureux, tout en estimant ne pas pouvoir intervenir.
Une revanche sur la scène européenne
Quelques semaines plus tard, l’UEFA lui a offert une autre opportunité. Dans le cadre de la coopération entre la Confédération africaine de football (CAF) et l’instance européenne, Artan a été désigné pour arbitrer la Supercoupe d’Europe.
Il était accompagné du Djiboutien Liban Abdoulrazack Ahmed et du Kényan Stephen Eleazar Onyango Yiembe. Une équipe arbitrale africaine qui a marqué l’ouverture de cette prestigieuse affiche au continent.
Élu meilleur arbitre masculin d’Afrique par la CAF en 2025 et premier Somalien à avoir officié lors d’une Coupe d’Afrique des nations, en 2024, Artan a ainsi découvert mercredi l’arbitrage d’un match majeur sur le sol européen.
« Ma Coupe du Monde à moi »
Après la rencontre, l’arbitre somalien a exprimé sa gratitude envers l’UEFA pour la confiance accordée et envers la CAF pour son soutien. Il avait également reconnu avoir traversé une période particulièrement difficile après son exclusion du Mondial, tout en soulignant le soutien reçu du public.
Un message figurait également sur le ballon du match, faisant de cette soirée une forme de revanche personnelle après l’épisode de Miami.
De l’aéroport américain à la pelouse de Salzbourg, Omar Artan a donc transformé une épreuve douloureuse en moment historique. Une trajectoire qui pourrait bien faire de lui l’un des nouveaux visages de l’arbitrage africain.



