Le Sénégal essuie un nouveau revers sur le plan financier. L’agence internationale de notation Moody’s a abaissé la note souveraine du pays de Caa1 à Caa2, tout en maintenant une perspective négative, une décision qui traduit une dégradation de la perception du risque de crédit et des inquiétudes croissantes quant à la capacité de l’État à honorer ses engagements financiers.
Des tensions persistantes sur les finances publiques
Dans son analyse, Moody’s met en avant la persistance des tensions sur la liquidité de l’État et les difficultés de refinancement de la dette publique. L’agence estime que le Sénégal reste confronté à un niveau d’endettement élevé, combiné à des besoins de financement de plus en plus importants.
Malgré les avancées enregistrées dans les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI), l’absence prolongée de financements concessionnels et d’un cadre budgétaire jugé suffisamment solide oblige le pays à s’appuyer davantage sur le marché financier régional pour couvrir ses besoins de trésorerie.
Selon Moody’s, cette dépendance renforce la vulnérabilité des finances publiques, dans un contexte où l’accès aux marchés internationaux demeure limité et particulièrement coûteux.
Un coût de la dette en forte progression
L’agence souligne également que le recours accru aux financements régionaux a contribué à alourdir le coût du service de la dette et à accroître les risques de refinancement.
D’après les données citées par Moody’s, les paiements d’intérêts représentent désormais 23,7 % des recettes de l’État, contre 16,1 % en 2023, illustrant la pression grandissante exercée par la dette sur les finances publiques.
L’agence relève par ailleurs que la multiplication des emprunts assortis de garanties pourrait compliquer une éventuelle restructuration de la dette si celle-ci devait devenir nécessaire à l’avenir.
Des incertitudes sur l’ajustement budgétaire
En maintenant une perspective négative, Moody’s indique que les risques pesant sur les finances publiques demeurent importants.
L’agence reconnaît les efforts engagés par les autorités pour réduire le déficit budgétaire, mais estime que plusieurs facteurs pourraient freiner cette trajectoire. Parmi eux figurent les pressions sociales, les tensions politiques et institutionnelles, une croissance économique potentiellement inférieure aux prévisions ainsi que le maintien d’un niveau élevé de subventions, notamment dans le secteur de l’énergie.
Selon Moody’s, un ajustement budgétaire moins ambitieux que prévu pourrait accentuer les tensions de trésorerie et fragiliser davantage la soutenabilité de la dette publique.
Un défi majeur pour les autorités
Cette nouvelle dégradation constitue un signal d’alerte pour les autorités sénégalaises. Elle souligne l’urgence de renforcer les équilibres budgétaires, d’améliorer les conditions de financement de l’État et de restaurer la confiance des investisseurs.
Les prochains mois seront déterminants pour le Sénégal, qui devra poursuivre les réformes économiques engagées, consolider ses finances publiques et convaincre les partenaires financiers de la solidité de sa trajectoire budgétaire afin de limiter les risques liés à l’endettement.



