Ce mercredi, l’information fait grand bruit : Mahmadane Sarr, un célèbre loueur de voitures de luxe et patron de Lansar Auto, a été placé sous mandat de dépôt par le Parquet du Pool Judiciaire Financier (PJF). Accusé d’avoir encaissé plus de 14 milliards de FCFA dans le cadre de contrats douteux pour la location de véhicules de luxe entre 2020 et 2023, il fait face à des accusations de blanchiment de capitaux.
Un entrepreneur bien connu du secteur
Mahmadane Sarr, fils de Mbaye Sarr, PDG de Senecartours, est un homme d’affaires influent. Depuis 2017, il gère Lansar Auto, une société spécialisée dans la location de véhicules haut de gamme. Situé à Yoff, son parc automobile répondait aux besoins de personnalités et d’institutions, notamment la Présidence de la République. En 2020, il décroche un contrat juteux pour fournir des véhicules à l’État sénégalais.
Des contrats controversés
Selon le parquet, Mahmadane Sarr aurait facturé près de 2 milliards de FCFA par an à l’État, mettant à disposition des modèles luxueux tels que Toyota, Mercedes, BMW et Nissan Patrol. Ces véhicules étaient notamment utilisés pour des déplacements officiels et des campagnes électorales. L’enquête du PJF révèle un montant total de 13,61 milliards de FCFA lié à des opérations suspectes.
Réforme des véhicules administratifs en toile de fond
Cette affaire s’inscrit dans le contexte du décret 2021-03 de janvier 2021, visant à rationaliser les dépenses liées aux véhicules administratifs. L’objectif était d’alléger les coûts tout en impliquant le secteur privé dans la gestion du parc automobile de l’État. Mahmadane Sarr avait alors signé plusieurs contrats avec des ministères et d’autres institutions du régime Macky Sall.
Placement sous mandat de dépôt
Convoqué à la Division des Investigations Criminelles (DIC), Mahmadane Sarr a présenté des justificatifs jugés insuffisants par les enquêteurs. Le rapport de la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF) a mis en lumière des irrégularités financières majeures, conduisant à son inculpation. Ce mercredi 15 janvier, le PJF a officialisé son placement sous mandat de dépôt dans un communiqué, suscitant une vive réaction dans l’opinion publique.
L’affaire, désormais entre les mains de la justice, continue de captiver l’attention en raison de l’ampleur des sommes en jeu et des implications politiques potentielles.



