Macky Sall, ancien président du Sénégal, a annoncé sa décision de se retirer des activités quotidiennes de l’Alliance pour la République (APR), marquant ainsi un tournant significatif dans sa carrière politique. Cette décision, confirmée par l’intéressé dans une interview à la revue ConfidentielDakar, intervient alors qu’il choisit de se consacrer à des engagements internationaux. Il conservera cependant son titre de président d’honneur du parti.
Selon DakarActu, un congrès prévu pour début 2025 devrait officialiser cette restructuration au sein de l’APR. En préparation, un comité restreint a été formé à l’initiative de Macky Sall pour établir un secrétariat permanent afin de gérer les affaires du parti et désigner un coordinateur pour superviser les activités en son absence. Toutefois, cette transition pourrait être délicate, compte tenu des rivalités internes et des ambitions divergentes parmi les cadres du parti.
Contexte politique et accusations
Ce retrait intervient dans un contexte politique tendu. Après sa défaite à la présidentielle de 2024, où son successeur désigné, Amadou Ba, a échoué à s’imposer, Macky Sall a fait l’objet de vives critiques, notamment de la part du Pastef, le parti actuellement au pouvoir. Certains l’accusent de continuer à exercer une influence sur la politique sénégalaise depuis son exil au Maroc, où il réside depuis sa sortie de la présidence le 1ᵉʳ avril 2024.
Des accusations plus graves pèsent également sur lui. Entre 2021 et 2024, des manifestations politiques ont fait plusieurs victimes, et des allégations de responsabilité ont été portées contre lui. Ces soupçons surviennent dans un contexte où la Haute Cour de justice, inaugurée le 28 décembre 2024, est appelée à juger d’éventuels actes de haute trahison impliquant des personnalités politiques, y compris le Président de la République. Le retrait de Macky Sall, annoncé le 29 décembre 2024, pourrait ainsi coïncider avec l’intensification de ces enquêtes.



