Birahim Seck, Coordonnateur général du Forum civil, a récemment exprimé son inquiétude face à l’orientation actuelle du gouvernement sénégalais, soulignant qu’il est temps de se concentrer sur les véritables préoccupations des citoyens plutôt que de « judiciariser la démocratie ». Ses déclarations interviennent alors que le gouvernement a procédé à l’interpellation d’opposants, dont Bougane Guèye.
Selon Seck, le gouvernement devrait prioriser des enjeux tels que l’augmentation des prix des denrées de première nécessité et le redressement du pays. Il a critiqué la décision de convoquer des citoyens pour des propos qu’ils ont tenus, suggérant qu’un communiqué serait plus approprié dans une démocratie. « La démocratie implique des discussions et des échanges. Convoquer des Sénégalais pour leurs déclarations n’est pas la solution », a-t-il affirmé.
Seck a également appelé le gouvernement à faire preuve de sérénité, à respecter les règles démocratiques et la liberté d’expression, quelles que soient les positions des individus concernés. Il a averti que le comportement du gouvernement pourrait générer des doutes parmi la population, ce qui pourrait entraîner des réactions indésirables.
Renforcement des capacités électorales
Dans un contexte politique tendu, le Forum civil a organisé un atelier à Saly, visant à renforcer les capacités d’observation électorale des acteurs des 46 départements du Sénégal, à l’approche des élections législatives anticipées prévues pour le 17 novembre 2024. Cet atelier, soutenu par la Commission électorale nationale autonome (Cena), a pour but d’améliorer les techniques d’observation et de respecter le code de conduite électoral.
« Le Forum civil, fidèle à sa tradition, mettra en place une équipe dédiée pour recueillir des données sur la violence électorale, la corruption et le fonctionnement du processus électoral », a déclaré Seck, espérant que les participants tireront profit de cette formation.
En ce qui concerne le déroulement actuel du processus électoral, Seck a fait part de ses préoccupations. Il a noté des contestations émanant de l’opposition sur la date des élections, ainsi que des désaccords sur des questions essentielles. « Les décisions prises par le Conseil constitutionnel concernant le processus électoral n’ont pas toujours été transparentes, ce qui crée une rupture d’égalité », a-t-il déclaré.
Seck a salué l’engagement de l’Administration territoriale, qui reste vigilante et assure le bon déroulement des opérations électorales. Il a exhorté le gouvernement à créer un climat de confiance, afin que les Sénégalais puissent se rendre aux urnes en toute sérénité.



