Au-delà de la décision judiciaire, une question dérange s’impose : où était la diplomatie sénégalaise ? Et surtout, où était la presse nationale, en particulier la presse sportive ?
Un silence diplomatique, d’abord. Face à l’arrestation et à la détention prolongée de dix-huit citoyens à l’étranger, l’opinion publique s’attendait à une communication plus ferme, plus structurée et plus visible. Il ne s’agit pas de contester une procédure judiciaire étrangère, mais d’assurer une assistance consulaire proactive, à tous les niveaux, transparente et rassurante. La diplomatie ne se mesure pas uniquement dans les grandes tribunes internationales ; elle s’évalue aussi à l’aune de la protection concrète de ses ressortissants, notamment lorsqu’ils arborent le drapeau national.
Mais l’autre silence, plus préoccupant encore, est celui de notre presse.
Alors que certains médias étrangers ont rapidement cadré l’affaire en chargeant les supporters sénégalais et en installant dans l’opinion internationale une image à sens unique, la presse nationale notamment sportive est restée en retrait. Le traitement a été timide, parfois superficiel, rarement approfondi. En laissant le narratif se construire ailleurs, nous avons accepté qu’il se construise sans nous et souvent, contre nous.
L’Association nationale de la presse sportive (ANPS), à travers son président Abdoulaye THIAM, a davantage occupé les plateaux pour commenter les déclarations controversées de El-Hadji DIOUF ou réagir aux communiqués maladroits de la Fédération sénégalaise de football (FSF), que pour mobiliser ses membres autour de la situation de ces supporters détenus au Maroc. Or, lorsqu’une telle affaire éclate à l’étranger, c’est aussi l’image du pays qui est engagée. Et l’image se défend par le récit.
Entre ces deux silences diplomatique et médiatique ce sont des supporters qui se retrouvent seuls face au poids d’une décision judiciaire lourde.
Auteur : La Plume du Rail



