Ce mercredi 24 juillet, la Cour d’appel de Ziguinchor se prépare à juger en appel l’affaire tragique de la tuerie de Boffa-Bayotte, suscitant une forte attente parmi les détenus, leurs avocats et les nombreux spectateurs présents.
René Capin Bassène et Oumar Ampoi Bodian, tous deux condamnés à la réclusion à perpétuité en première instance, ainsi qu’Alioune Badara Sané et Abdoulaye, condamnés à six mois avec sursis pour détention illégale d’armes, sont installés dans la salle d’audience aux côtés de leurs défenseurs. Cependant, le début du procès est retardé en raison d’une assemblée générale des magistrats et juges de la Cour d’appel, une situation qui agace les parties présentes.
Le drame remonte au 6 janvier 2018, lorsque des personnes collectant du bois dans la forêt de Boffa Bayotte, au sud de Ziguinchor et proche de la frontière avec la Guinée Bissau, ont été attaquées par des assaillants armés présumés affiliés au Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). L’attaque a coûté la vie à 14 personnes, en a blessé 7 autres et a permis à trois individus de s’échapper indemnes, selon les rapports de la gendarmerie.
La réaction des autorités a été rapide, entraînant l’arrestation de 22 suspects, dont 16 ont été placés en détention préventive à la suite d’auditions approfondies. Ils sont accusés de divers chefs d’inculpation, notamment d’association de malfaiteurs, d’assassinat, de participation à un mouvement insurrectionnel et de possession illégale d’armes à feu.
En première instance, le tribunal de Ziguinchor a prononcé des peines sévères, dont la réclusion à perpétuité pour César Atoute Badiate, chef du MFDC condamné par contumace, ainsi que pour René Capin Bassène et Oumar Ampoi Bodian, qui ont depuis fait appel de leur condamnation.
Le procès en appel est attendu avec une grande tension et promet d’examiner minutieusement les éléments de preuve et les témoignages présentés lors du premier jugement. Cette affaire reste un point focal dans la région de la Casamance, où les questions de sécurité et de justice sont d’une importance cruciale pour la stabilité et la réconciliation.



