Le pape François a prononcé ce lundi une prise de position rare contre la politique israélienne, dénonçant « l’arrogance de l’envahisseur » en Ukraine, mais aussi en Palestine. Cette déclaration, faite au Vatican en espagnol lors d’un discours à l’occasion du 40e anniversaire du traité de paix entre le Chili et l’Argentine, survient une semaine après que le pape ait évoqué les accusations de « génocide » à Gaza.
En évoquant les nombreux conflits armés actuels, le souverain pontife a exprimé sa tristesse face aux souffrances infligées aux populations. « Je mentionne simplement deux échecs de l’humanité aujourd’hui: l’Ukraine et la Palestine, où les gens souffrent, où l’arrogance de l’envahisseur l’emporte sur le dialogue », a déclaré François, improvisant cette phrase qui ne figurait pas dans son discours préparé.
Le pape a également critiqué la guerre et le commerce des armes, dénonçant « l’hypocrisie de parler de la paix tout en jouant à la guerre ». Il a insisté sur la nécessité du dialogue pour résoudre les conflits, soulignant que ce dernier « doit être l’âme de la communauté internationale ». Devant des diplomates et des représentants religieux, il a ajouté que la situation en Ukraine et en Palestine devait pousser la communauté internationale à agir de manière responsable.
Depuis le début du conflit à Gaza, le pape François a régulièrement prié pour les populations de Gaza et d’Ukraine, soulignant leur souffrance. Il a également exprimé son soutien aux efforts de libération des otages israéliens détenus par le Hamas depuis l’attaque du 7 octobre 2023. Le 14 novembre dernier, il avait reçu au Vatican 16 ex-otages israéliens du Hamas.
En septembre, François avait déjà dénoncé l’usage « immoral » de la force au Liban et à Gaza, appelant à la retenue, notamment envers Israël. Cependant, c’est la première fois qu’il critique publiquement de cette manière la politique israélienne vis-à-vis des Palestiniens.
Cette déclaration survient une semaine après la publication d’un livre dans lequel le pape suggère de « étudier attentivement » si la situation à Gaza pourrait être qualifiée de génocide, une accusation fermement rejetée par Israël.
Le Saint-Siège, qui reconnaît l’État de Palestine depuis 2013 et soutient une solution à deux États, a également souligné l’importance du dialogue pour parvenir à la paix dans la région. Le Vatican n’a pas souhaité commenter plus avant cette prise de position, et l’ambassade israélienne près le Saint-Siège n’a pas réagi pour le moment.
Les répercussions du conflit restent dramatiques : selon les autorités sanitaires de Gaza, les bombardements israéliens ont fait plus de 44 000 morts depuis le 7 octobre, pour la plupart des civils, tandis que l’attaque du Hamas a causé la mort de 1 206 personnes, majoritairement des civils israéliens.



