Le nouveau gouvernement français, dirigé par le Premier ministre Michel Barnier, a entamé ses activités ce lundi, près de trois mois après des élections législatives anticipées qui n’ont pas permis de dégager de majorité claire, retardant ainsi l’élaboration du budget 2025.
Lors d’un premier « petit-déjeuner gouvernemental » de plus de deux heures à Matignon, Barnier a promis un gouvernement « républicain, progressiste et européen » devant ses 39 ministres. Un Conseil des ministres est prévu à 15h00 (GMT) sous la présidence d’Emmanuel Macron.
Ancien commissaire européen, Barnier a demandé à ses ministres, majoritairement issus de la droite et du mouvement libéral, de respecter « tous les partis politiques », alors que son équipe fait déjà face à des tensions internes. Certains membres du mouvement macroniste expriment leurs inquiétudes concernant la présence de ministres conservateurs, et demandent des assurances sur la pérennité des lois sociétales, telles que le droit à l’avortement et le mariage pour tous.
Barnier a affirmé que les « grandes lois » de « progrès social ou sociétal » seraient « préservées ». De son côté, le nouveau ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a déclaré que sa priorité était de « rétablir l’ordre ».
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a promis de défendre le droit international dans des régions clés, comme l’Ukraine et le Proche-Orient.
Alors que l’élaboration du budget 2025 est une priorité, Barnier a assuré qu’il ne souhaitait pas alourdir l’impôt pour l’ensemble des Français, tout en prévenant que les plus riches devaient contribuer à l’effort de solidarité. Il n’a toutefois pas précisé s’il rétablirait l’impôt sur la fortune, une demande de la gauche.
Barnier a également évoqué l’amélioration de la controversée réforme des retraites, sans fournir de détails.
Ces garanties sont jugées insuffisantes par la gauche, qui prévoit de déposer une motion de censure contre le nouvel exécutif après le discours de politique générale de Barnier, prévu le 1er octobre.
La composition du nouveau gouvernement, révélée samedi, accorde une place importante au mouvement Renaissance de Macron et au parti Les Républicains (LR), malgré leur recul lors des dernières législatives.
Pour qu’une motion de censure soit effective, elle devra recueillir les voix du Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen, ce qui semble peu probable pour l’instant. Le vice-président du RN, Sébastien Chenu, a déclaré que son parti ne censurerait pas « avant d’avoir vu le budget », tout en affirmant que le RN compte peser sur ce gouvernement.



