C’est une avancée importante pour les droits des migrants au Mexique, dans un contexte déjà complexe, d’autant plus incertain avec l’arrivée imminente de Donald Trump au pouvoir. La Cour suprême de justice de la nation a ordonné aux autorités mexicaines de créer un registre des migrants ayant transité par les services d’immigration du pays. Cette décision marque le début d’un changement majeur dans la législation sur la migration, et oblige le Mexique à mettre en place une plateforme transparente pour suivre les détentions des migrants.
L’initiative fait suite à une plainte déposée il y a trois ans par deux associations, dont le Service jésuite d’aide aux migrants, qui a documenté plus de 1 200 cas de disparitions de migrants. En 2024, plus de 900 000 migrants ont été arrêtés en traversant le Mexique, souvent confrontés à l’isolement, à un manque de défense juridique et à des conditions de détention inhumaines, selon notre correspondante à Mexico, Gwendolina Duval.
Le registre, accessible au public, devra indiquer l’heure et le lieu d’arrestation des migrants, ainsi que les lieux où ils sont transférés. L’objectif de cette mesure est de prévenir les arrestations arbitraires et d’empêcher les violences de la part des autorités migratoires.
Actuellement, il n’existe aucune réglementation claire sur l’arrestation ou le placement des migrants dans les centres de rétention au Mexique. Les associations de défense des droits humains dénoncent des conditions proches de celles des prisons arbitraires. En l’absence de règles, les migrants, souvent sans moyen de communication, peuvent être détenus indéfiniment, sans savoir combien de temps leur détention va durer. De plus, de nombreux migrants dénoncent des abus de pouvoir, de la corruption, de l’extorsion et des enlèvements commis par les autorités.
La traversée du Mexique est une étape cruciale, mais aussi périlleuse, pour les millions de personnes fuyant leur pays chaque année pour rejoindre les États-Unis. En plus des persécutions des autorités, les migrants sont également exposés aux violences des groupes criminels, qui profitent de la situation pour alimenter leurs activités illicites. Le 1er décembre, une nouvelle caravane de migrants a quitté Tapachula, au sud du Mexique, pour rejoindre la frontière américaine, marquant la troisième caravane depuis l’élection présidentielle américaine, selon l’Agence France Presse.



