Le Major Kandji a été l’invité du Jury du dimanche sur iRadio, ce 1er décembre 2024, à l’occasion de la commémoration du massacre de Thiaroye en 1944. Lorsqu’interrogé sur cet événement tragique, il a qualifié le massacre de « crime contre l’humanité » commis par la France, soulignant que « la France est une entité abstraite ». Selon lui, ceux qui étaient responsables de cet acte à l’époque, notamment le général De Gaulle et les chefs militaires français, sont aujourd’hui décédés, rendant toute action pénale impossible. Il a précisé que, si des réparations financières étaient envisageables, elles risqueraient de créer des complications, chaque pays venant réclamer sa part.
Pour le Major Kandji, il est essentiel que la reconnaissance de ce crime par la France soit accompagnée d’initiatives concrètes, comme la construction de mémoriaux, afin de renforcer la mémoire collective et la coopération entre la France et les nations africaines francophones. Il a insisté sur le fait qu’il ne faut pas se laisser emporter par des discours victimisants, mais plutôt inscrire cette mémoire dans l’histoire.
Il a également abordé la question de la relation actuelle entre la France et certains pays africains, appelant à abandonner des slogans tels que « France dégage ». Il a expliqué que de tels messages peuvent nuire à la coopération et à l’investissement français en Afrique. « Si un pays vous dit de partir, qu’il rejette vos investissements et vous accuse d’exploitation, cela crée des tensions qui rendent difficile la venue du président Macron », a-t-il souligné. Selon lui, pour que la France puisse jouer un rôle constructif, il est crucial d’adopter une approche plus ouverte et pragmatique, sans alimenter les sentiments de rejet et de méfiance.
Le Major Kandji a conclu en soulignant que la coopération entre la France et l’Afrique francophone pourrait se renforcer, mais uniquement si la France venait en tant qu’institution, avec des initiatives concrètes et une volonté partagée d’avancer dans un dialogue respectueux.



