L’armée malienne a annoncé, mardi 6 octobre, avoir repris le contrôle de Kidal, bastion historique de la rébellion touareg dans le nord du pays. Appuyées par les paramilitaires russes de l’Africa Corps, les forces maliennes sont entrées dans la ville après le retrait des combattants du Front de libération de l’Azawad (FLA), qui ont revendiqué un « repli stratégique et maîtrisé ».
Cette reprise intervient après plusieurs jours d’opérations militaires dans la région. Dans la matinée, l’état-major malien avait annoncé le lancement d’« opérations aéroterrestres d’envergure » destinées à neutraliser les groupes armés et à rétablir la sécurité ainsi que la libre circulation dans la zone.
Face à cette offensive, le FLA a expliqué avoir choisi de quitter temporairement Kidal afin, selon lui, de « préserver des vies humaines » et de maintenir intactes ses capacités humaines et logistiques.L’armée malienne affirme être entrée dans la ville sans rencontrer de résistance. « Nous venons d’arriver à Kidal plus tôt que prévu », a déclaré un officier de l’état-major à l’AFP.
Selon un autre responsable militaire, le convoi parti d’Anefis dans la matinée a atteint Kidal peu avant 13 heures. Il affirme que les bombardements menés en amont contre les positions adverses ont progressivement desserré l’emprise des combattants sur la ville.La reprise de Kidal constitue une victoire symbolique majeure pour les autorités maliennes. La ville avait été perdue par l’armée lors d’une offensive lancée en avril par le FLA et ses alliés jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda.
À l’époque, la défaite des forces maliennes dans ce bastion stratégique avait représenté un sérieux revers pour la junte au pouvoir.Mais la victoire annoncée mardi intervient dans une ville largement désertée. Plusieurs sources citées par l’AFP font état d’un exode massif des habitants. Un chef de famille ayant quitté Kidal lundi avec ses proches décrit une ville quasiment vide : « Il n’y a plus un chat. »
Depuis 2012, le Mali reste confronté à une crise sécuritaire persistante, marquée par les attaques jihadistes, les affrontements avec les groupes armés touareg et les violences communautaires. La situation s’est encore dégradée depuis les attaques coordonnées lancées fin avril 2026 par le JNIM et le FLA contre plusieurs positions de l’armée et de la junte, notamment dans les environs de Bamako.
Depuis les coups d’État de 2020 et 2021, le Mali est dirigé par une junte qui a profondément réorienté sa coopération militaire vers la Russie. Les combattants de l’Africa Corps participent notamment aux opérations menées aux côtés des forces maliennes contre les groupes jihadistes et leurs alliés.



