La Turquie se positionne comme un « partenaire recherché » en Afrique, selon des sources diplomatiques, qui attribuent cette dynamique à son passé « non colonial » et à ses projets d’investissement dans les domaines de l’énergie et de la défense. Cette affirmation intervient alors que le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, se prépare à participer à la réunion du Partenariat Turquie-Afrique à Djibouti, prévue les 2 et 3 novembre.
Depuis son émancipation en 1977, Djibouti, qui abrite des forces militaires françaises, est devenu un point de rencontre pour des discussions stratégiques. Des diplomates turcs affirment que l’absence d’un passé colonial renforce l’attractivité de la Turquie, surtout auprès des dirigeants anti-impérialistes qui cherchent de nouveaux alliés.
Bien que l’Empire ottoman ait régné sur plusieurs territoires africains avant de perdre ce contrôle au 19e et début du 20e siècle, la Turquie actuelle mise sur des relations constructives et mutuellement bénéfiques. Un exemple de cette approche est la médiation turque entre l’Éthiopie et la Somalie, visant à améliorer les relations entre ces deux pays voisins tout en respectant la souveraineté de la Somalie.
La Turquie a renforcé sa présence en Somalie au cours des deux dernières décennies par des investissements dans divers secteurs, y compris la construction d’infrastructures essentielles comme un aéroport et un hôpital. Plus récemment, le navire Oruç Reis a été envoyé pour explorer les ressources énergétiques dans les eaux somaliennes, conformément à un accord de forage établi entre les deux nations.
Des accords de coopération similaires ont été signés avec le Niger, où la Turquie détient des mines d’or et envisage d’explorer des ressources pétrolières et gazières. La compagnie nationale turque MTA est déjà active dans ce pays sahélien, renforçant ainsi le rôle de la Turquie en tant que « partenaire de sécurité » pour plusieurs États africains.
Sur le plan militaire, Ankara a établi des accords de coopération avec plus de vingt-cinq pays africains, devenant le quatrième plus grand fournisseur d’armes en Afrique subsaharienne. Cette coopération inclut la formation des forces armées africaines, renforçant ainsi la lutte contre le terrorisme, en particulier au Sahel.
L’engagement de la Turquie dans des projets d’infrastructure et ses liens commerciaux, qui ont dépassé les 40 milliards de dollars en 2022, contribuent également à son image positive sur le continent. La compagnie Turkish Airlines dessert près de cinquante destinations africaines, facilitant les échanges économiques.
La Turquie continue donc d’affirmer sa présence et son influence en Afrique, cherchant à bâtir des partenariats durables basés sur la coopération et le respect mutuel.



