Il devient de plus en plus rare de parcourir l’actualité quotidienne sans tomber sur un nouveau cas de vol à main armée ou sur un braquage digne d’un scénario de film d’action. Pas plus tard que ce soir de 22 Juillet 2026, une station service, située dans la région de Diourbel a été pris d’assaut par des individus laissant derrière eux un agent de sécurité mal en point et la caisse d’un pompiste à vide. Jour après jour, ces faits divers s’accumulent, alimentant un sentiment d’insécurité qui semble s’installer durablement dans le quotidien des citoyens.
Le plus inquiétant n’est peut-être pas la fréquence de ces actes, mais la banalisation qui les accompagne. À force de répétition, l’exception devient presque la règle. L’indignation ne survit souvent que chez les victimes directes, abandonnées à leur sort une fois le choc passé. Pour beaucoup, la peur finit par céder la place à la résignation.
Lorsqu’une agression survient ou qu’un commerce est pris pour cible par des individus lourdement armés, les obstacles rencontrés par les malfaiteurs sont généralement dérisoires. Face à eux se dressent parfois quelques vigiles dont l’unique moyen de défense se résume à une simple matraque ou à une tige métallique. Une réponse largement insuffisante face à des assaillants déterminés, équipés d’armes à feu et souvent en supériorité numérique.
Dans ces moments critiques, une question revient inévitablement : où sont les forces de l’ordre ?
Il suffit d’être confronté, même brièvement, à une situation d’insécurité pour s’interroger sur l’efficacité des nombreuses structures dédiées à la sécurité publique et présentes sur l’ensemble du territoire. Pourtant, lors des grandes cérémonies nationales, notamment à l’occasion de la fête de l’Indépendance, les citoyens découvrent des moyens considérables déployés : véhicules, équipements modernes et effectifs impressionnants. Tout semble alors témoigner d’une capacité de protection à la hauteur des enjeux.
Mais lorsque le danger frappe réellement, ce dispositif paraît soudainement s’évaporer. Les secours et les interventions arrivent souvent après les faits, lorsque les dégâts matériels sont déjà enregistrés et que les victimes doivent faire face aux conséquences de l’agression.
L’inquiétude atteint son paroxysme dans certaines localités où les braquages et les vols à main armée sont devenus si fréquents qu’ils finissent par être considérés comme une réalité ordinaire. Dans ces zones, beaucoup en viennent à penser que la meilleure manière de préserver sa vie consiste à ne pas résister et à laisser le champ libre aux malfaiteurs, comme si certains territoires leur appartenaient désormais de droit.
Certes, aucun État ne peut assurer une protection rapprochée à chacun de ses citoyens. Cette exigence serait irréaliste. Cependant, garantir la sécurité des personnes et de leurs biens demeure l’une des missions fondamentales de toute autorité publique. À ce titre, les responsables ont le devoir non seulement d’assurer cette protection, mais également d’en assumer pleinement la responsabilité devant ceux qui leur ont confié cette mission : les citoyens eux-mêmes.
Par Cheikhouna Bamba Lô
Média 28



