La Russie se trouve confrontée à une situation démographique de plus en plus préoccupante, et selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, le pays « a besoin » de migrants pour continuer à se développer. Dans une interview accordée à l’agence RIA Novosti, Peskov a expliqué que la faible densité de population constitue un véritable frein pour le pays, le plus vaste du monde, qui peine néanmoins à maintenir un nombre suffisant de citoyens.
« Les migrants, c’est un besoin », a souligné Peskov, rappelant que la Russie vit une « situation démographique très tendue ». Malgré sa superficie, le pays manque de main-d’œuvre pour soutenir son développement et la mise en œuvre de ses projets économiques. En ce sens, le Kremlin ne peut que « saluer » l’arrivée de migrants, un apport jugé essentiel pour répondre aux besoins du marché du travail.
Cette prise de position s’inscrit dans un contexte où la Russie tente de contrer une crise démographique héritée de l’ère soviétique, exacerbée par le conflit en Ukraine. Le 12 novembre, une nouvelle loi a été adoptée pour interdire la promotion d’un mode de vie sans enfants, un effort supplémentaire pour encourager la natalité face à la stagnation démographique. Cependant, cette mesure semble insuffisante pour inverser une tendance inquiétante. En 2023, le taux de fécondité en Russie a chuté à 1,41 enfant par femme, bien en dessous du seuil de renouvellement de la population, selon l’agence russe Rosstat.
Cette situation déjà fragile est aggravée par la guerre en Ukraine, bien que le Kremlin ne communique pas de chiffres officiels sur les pertes militaires. En 2024, les naissances en Russie ont continué à diminuer, avec seulement 920 200 enfants nés entre janvier et septembre, soit une baisse de 3,4 % par rapport à l’année précédente. Ce chiffre représente la pire performance démographique depuis la fin des années 1990, selon des médias russes.
Face à cette crise, le gouvernement russe semble ainsi compter sur l’immigration comme solution pour soutenir son développement économique et compenser la faiblesse de sa population.



