Depuis plus d’une semaine, le sud du Brésil est confronté à des inondations massives, un désastre qui touche directement près d’un demi-million de résidents et a entraîné des centaines de décès et de disparitions. En parallèle de cette tragédie, les réseaux sociaux sont envahis par une vague de fausses informations, alimentant ainsi les théories du complot autour de cet événement dévastateur.
Certains attribuent la tragédie des inondations au Brésil à des théories conspirationnistes, comme celles qui pointent du doigt un programme de recherche américain utilisant des antennes en Alaska, connu sous le nom de Haarp, ou celles qui accusent les traînées blanches laissées par les avions de disperser des substances chimiques pouvant altérer le climat.
Ces théories du complot remettent en question le concept de réchauffement climatique, alors que les scientifiques soulignent que ce dernier est à l’origine de l’augmentation de telles catastrophes naturelles. Une étude publiée le 11 mai confirme cette corrélation, mettant en évidence le rôle des émissions humaines de gaz à effet de serre et de leurs conséquences sur le climat dans la survenue de la tragédie.
Le réchauffement climatique a amplifié l’intensité des pluies qui ont frappé la région de Porto Alegre. Selon les experts, sans ce phénomène, ces précipitations auraient été environ 15 % moins fortes. Davide Faranda, du laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, souligne que chaque degré supplémentaire de réchauffement climatique entraîne une capacité accrue de l’atmosphère à retenir de l’eau précipitable, amplifiant ainsi les précipitations. Il précise également que malgré le rôle de certains phénomènes naturels de variabilité climatique comme El Niño, l’impact du réchauffement climatique est significatif et ne peut être ignoré.
Le gouvernement est également accusé de bloquer l’arrivée de l’aide humanitaire sur les lieux des inondations. Des fausses informations circulent, affirmant que les autorités locales entravent l’entrée des camions transportant des dons en exigeant des factures correspondantes. Pablo Marçal, un influenceur suivi par 8 millions de personnes sur Instagram, a notamment lancé cette accusation.
Par ailleurs, des informations erronées suscitent des inquiétudes parmi les professionnels de la santé. Certaines incitent à la prise d’antibiotiques sans prescription médicale, prétendant qu’ils peuvent prévenir les maladies liées au contact avec l’eau contaminée.
Ces contenus conspirationnistes, largement diffusés via les groupes de discussion WhatsApp, compromettent non seulement les efforts du gouvernement dans la région, mais aussi la confiance du public dans les institutions scientifiques.



