Depuis le premier sifflet, cette édition de la Coupe d’Afrique des Nations n’a jamais été une simple compétition.
Elle fut pensée, orchestrée, manipulée. Une machination où chaque signal, chaque décision, chaque geste servait un dessein : dompter l’opinion publique, amadouer la jeunesse et détourner l’attention des problèmes réels.
Tout avait été préparé. Le parcours marocain était tracé, presque comme sur un tapis rouge : arbitrages favorables, adversaires neutralisés, obstacles à peine visibles. Le Maroc devait triompher sans effort. Tout était écrit. Tout, sauf la résistance sénégalaise.
Le Sénégal, fidèle à son rôle d’enfant terrible, a défié le scénario préfabriqué.
Malgré l’insécurité à la gare, les problèmes d’hébergement, le manque d’installations d’entraînement et la fragilité physique de joueurs essentiels – Krépin DIATTA, Ismaël JACKOBS et d’autres – le Sénégal a résisté.
Le Sénégal a gagné.
Le Sénégal a brisé le scénario.
Et cette victoire a déclenché la panique des architectes de la mascarade.
Car cette CAN n’était jamais qu’un trophée.
C’était un sparadrap politique, un outil pour amadouer la jeunesse marocaine, détourner son regard des problèmes réels, et offrir du temps à ceux dont les intérêts économiques et politiques étaient menacés.
Quelques mois plus tôt, la génération Z marocaine s’était levée : manifestations massives, exigences légitimes pour la justice sociale et la santé publique. Que fait-on pour calmer cette jeunesse ?
On lui offre un trophée. On lui promet la gloire. On la distrait. On la domestique. On lui tend un leurre scintillant pour masquer la réalité de sa colère.
Au cœur de cette manipulation, trois noms dominent :
- Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine et ministre des Finances, stratège des émotions, maître de la manipulation institutionnelle et architecte du contrôle social.
- Patrice Motsepe, président de la CAF, dont les intérêts économiques au Maroc – Sanlam Assurance et autres entreprises – dictent ses décisions. L’instabilité ne saurait menacer son profit.
- Gianni Infantino, président de la FIFA, architecte du chaos organisé, garant que le Maroc reste leader incontesté du football africain, promoteur d’une Afrique fragmentée sous prétexte de coopération.
Les instruments de pression sont multiples et cyniques :
- Les 18 supporters sénégalais emprisonnés, transformés en otages symboliques, pour montrer que l’État marocain reste fort et que personne n’abuse de sa générosité.
- La CAN féminine, suspendue, brandie comme levier : “donnez-nous ce que nous voulons ou rien ne se joue”.
- L’écartement des alternatives continentales – l’Afrique du Sud prête à assurer la continuité, neutralisée pour protéger les intérêts marocains et ceux de Motsepe.
Et les discours hypocrites fusent : certains Marocains déclarent après la finale qu’ils n’étaient plus africains, que le continent avait abusé de leur générosité.
Ce même Maroc, par ailleurs, cogne toujours à la porte de l’Union européenne, cherchant à redéfinir ses alliances et sa place dans le monde.
Parallèlement, le royaume fait face à d’énormes difficultés économiques et industrielles, fragilités structurelles qu’il tente de masquer derrière un « trophée », une illusion de victoire.
Puis survient la Cour d’appel de la CAF.
Le Maroc se ravise : oui, la CAN féminine sera organisée, mais uniquement après que la décision administrative lui soit favorable.
Tout est orchestré, minuté, calculé. Le peuple marocain est pris par le sentiment, manipulé par une mécanique de divertissement politique.
Et pourtant, l’ironie est cruelle.
Même si le Maroc récupérait le trophée, la honte restera attachée à ce sacre lorsque l’histoire sera écrite.
Car une victoire sur le terrain ne se réécrit pas. Elle demeure.
Tous les spécialistes du football sont unanimes : le Sénégal a gagné. Sur le terrain. Avec courage, résilience et intelligence.
Un résultat validé par l’arbitre ne peut être annulé par des manœuvres économiques, politiques ou diplomatiques.
Ce sacre est la vérité.
Le peuple sénégalais, fier de ses joueurs et surtout de Pape THIAW, héros national, se souvient : si l’arbitre avait interrompu le match quand certains joueurs étaient sortis, nous aurions applaudi le coach et accueilli l’équipe en héros et passé à autre chose. Mais les Marocains étaient tellement confiants de marquer ce penalty qu’ils ont TOUS – joueurs, supporters, autorités, arbitres, etc. – insisté pour poursuivre le match.
Et maintenant ?
Cette CAN marque un tournant historique.
Toutes les cartes seront redistribuées.
Le football africain doit prendre son destin en main.
Cette rupture déclenchée par le Sénégal est un signal clair : plus jamais l’Afrique ne sera manipulée, corrompue ou distraite de ses véritables enjeux.
L’ironie ultime réside dans l’administration : Abdoulaye Seydou SOW, secrétaire général de la FSF, montre que la décision de restituer le trophée n’est même pas rédigée.
Comment rédiger une telle forfaiture ? Sur le plan juridique, logistique, administratif — tout s’écroule. Même un simple communiqué devient une épreuve pour ceux qui croyaient pouvoir manipuler l’histoire.
Le message est clair : le Sénégal a gagné, et rien ni personne ne pourra effacer cette vérité.
Une victoire peut être contestée. Une légitimité, jamais.
À tous les Africains, à tous les peuples du continent : cette CAN n’est pas qu’un trophée.
C’est un signal, une alerte, un cri.
L’Afrique doit se lever, unir ses forces, et prendre son destin footballistique en main.
Parce que le Sénégal a déjà vaincu.
Le Sénégal se lèvera encore.
Le Sénégal sait qu’il a gagné.
Et l’Afrique – la vraie – en est témoin.
Omar Marie NDAO Assirou,
Cinéaste, Témoin et Ecrivain du présent.



