Le mercredi 16 octobre, Kamala Harris a clairement affirmé que sa présidence, si elle est élue lors de l’élection présidentielle du 5 novembre, ne serait pas « une continuation » de celle de Joe Biden. S’exprimant lors d’une interview sur Fox News, chaîne conservatrice américaine, la candidate démocrate, qui a pris la place de Joe Biden dans la course à la Maison Blanche en juillet, a marqué une rupture significative avec l’actuel président.
Lors de cet échange tendu, Kamala Harris a déclaré : « Ma présidence ne sera pas la continuation de celle de Joe Biden. Comme tout nouveau dirigeant, j’apporterai mon propre vécu, mes expériences et des idées nouvelles. » À vingt jours de l’élection, la vice-présidente cherche à se démarquer, tout en honorant le bilan de son prédécesseur, sans le renier. Harris, qui fêtera ses 60 ans le 20 octobre, insiste sur le fait qu’elle représente « une nouvelle génération de leaders ».
L’interview, menée par un journaliste expérimenté de Fox News, a duré une trentaine de minutes et a été ponctuée de moments difficiles pour la candidate. Elle a notamment été interrogée de manière insistante sur l’immigration et sur la santé mentale de Joe Biden, alors qu’on lui demandait si elle avait constaté un éventuel déclin cognitif chez lui.
Face à l’audience de Fox News, souvent pro-Trump, Kamala Harris a proposé une alternative au républicain en place, en l’accusant de « rabaisser » les Américains. Elle a également critiqué le comportement de Trump, affirmant : « Le président des États-Unis devrait être capable d’accepter les critiques sans menacer de mettre leurs auteurs en prison. »
Avant cette interview, Harris s’était déjà adressée aux républicains lors d’un rassemblement en Pennsylvanie, en citant le général Mark Milley, un ancien collaborateur de Trump qui a qualifié l’ex-président de « fasciste jusqu’au bout des ongles ». Elle a lancé un appel aux électeurs, en déclarant : « Si vous partagez cette opinion, peu importe pour qui vous avez voté la dernière fois, il y a une place pour vous dans cette campagne. » Elle a une nouvelle fois qualifié Trump de « déséquilibré ».
Une course serrée dans les États clés
La course entre Kamala Harris et Donald Trump reste extrêmement serrée. Les derniers sondages montrent que l’ancien président a rattrapé l’avance initiale de Harris, notamment dans les États clés du Nord. Cette région est au cœur de la stratégie de campagne de la candidate démocrate, qui a intensifié ses efforts en Pennsylvanie, au Michigan et au Wisconsin.
Cependant, le résultat de l’élection pourrait se jouer dans d’autres États décisifs, comme la Géorgie, où un juge a récemment bloqué une mesure imposant le comptage manuel des bulletins de vote. Cet État, qui a connu une forte affluence lors du premier jour de vote anticipé, est surveillé de près. Mercredi, l’ancien président Jimmy Carter, âgé de 100 ans, a voté par correspondance pour Kamala Harris, une preuve supplémentaire de l’enjeu crucial que représente ce scrutin pour de nombreux Américains.



