La nomination de Yahya Sinouar à la tête du Hamas suscite des réactions vives en Israël, où il est perçu comme un adversaire redoutable et dangereux. Considéré comme l’un des cerveaux de l’attaque du 7 octobre, Sinouar est décrit par certains Israéliens comme un « ennemi », une « ligne meurtrière » et une « cible ».
Laurent Cudkowicz, consultant basé à Jérusalem, a commenté la nomination en affirmant que « le Hamas a eu raison de nommer Sinouar à sa tête », soulignant qu’il incarne la cruauté du mouvement et associe ses actions à sa vision. Il espère que la désignation de Sinouar obligera ce leader de l’ombre, qui n’est plus apparu en public depuis octobre, à se dévoiler, facilitant ainsi sa capture par Israël.
À Tel-Aviv, Hanan, directeur d’une entreprise de logistique, voit dans ce choix un reflet de la ligne dure du Hamas. « Ils n’ont pas cherché quelqu’un de moins militant, quelqu’un avec une approche moins meurtrière. J’espère vraiment qu’il connaîtra le même sort que ses prédécesseurs, et le plus tôt possible », a-t-il déclaré.
Sinouar, qui a dirigé le Hamas à Gaza pendant sept ans, a été nommé mardi soir pour succéder à Ismaïl Haniyeh, tué en Iran la semaine dernière. Israël, qui considère le Hamas comme une « organisation terroriste », a ouvertement exprimé son intention d’éliminer Sinouar. Le ministre des Affaires étrangères, Israël Katz, a réaffirmé cette position après l’annonce de la nomination.
L’attaque du 7 octobre, menée par des commandos du Hamas dans le sud d’Israël, a causé la mort de 1 198 personnes, principalement des civils, selon les données officielles israéliennes. Parmi les 251 personnes enlevées, 111 sont encore retenues à Gaza, dont 39 sont décédées, selon l’armée israélienne. En réponse, Israël a lancé une offensive ayant fait 39 677 morts, selon le ministère de la Santé de Gaza, sans distinction entre civils et combattants.
La nomination de Sinouar survient dans un contexte de tensions exacerbées, après la mort de Haniyeh et l’élimination par Israël du chef militaire du Hezbollah, Fouad Chokr, au Liban. L’Iran et le Hezbollah, alliés du Hamas, ont annoncé qu’ils répondraient à ces assassinats.
Juliette, habitante de Tel-Aviv, estime que cette nomination est une « déclaration très forte » du Hamas, signalant sa volonté de poursuivre la guerre contre Israël. Elle ajoute que les dirigeants du Hamas veulent montrer qu’ils n’ont pas peur et qu’ils continuent de confier de lourdes responsabilités à Sinouar.
Sagie Havshosh, étudiant, souligne que Sinouar, qui parle hébreu et a été emprisonné en Israël, connaît bien son ennemi. « Il n’est pas surprenant qu’ils aient choisi quelqu’un comme lui pour diriger une organisation terroriste destructrice et satanique », dit-il. « Nous savons tous que son objectif est de nous faire disparaître », conclut-il.



