L’enquête ouverte à la suite des manifestations à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), ayant conduit au décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, connaît une nette accélération. La Sûreté urbaine de Dakar, en charge du dossier, explore désormais une piste jugée sérieuse, celle d’une possible instrumentalisation politique des mouvements de protestation sur le campus.
D’après des informations rapportées par Seneweb, les premiers éléments recueillis par les enquêteurs font état de soupçons de financement d’étudiants par des acteurs politiques, dans le but de provoquer des troubles, de déstabiliser l’université et de saccager les restaurants universitaires. Il ressort également que certains étudiants auraient perçu de l’argent de la part d’un repreneur afin d’épargner son établissement.
Dans le cadre des auditions, plusieurs questions clés sont posées aux personnes interpellées, notamment : « Êtes-vous membre d’une amicale d’étudiants ou d’un parti politique ? » ou encore « Quelle est l’origine des fonds ayant servi à préparer les repas distribués aux étudiants ? », selon des sources proches de l’enquête.
Au total, 105 étudiants arrêtés lors des affrontements avec les forces de l’ordre sont actuellement placés en garde à vue. Ils sont poursuivis pour actes de vandalisme, destruction et dégradation de biens publics et privés, violences et voies de fait à l’encontre des forces de sécurité, participation à une manifestation non autorisée ainsi que pour injures.
À ce stade de la procédure, un premier groupe de mis en cause a déjà été entendu. Les auditions se poursuivront ce mercredi avec un second lot de 72 personnes. Les étudiants bénéficient de l’assistance juridique de l’Association des jeunes avocats du Sénégal, représentée notamment par Me Sally Mamadou Thiam, Me Bassirou Baldé, Me Yankhoba Ndiaye, Me Ngoné Diop, Me Aïssatou Sabara, Me Albert Thior, Me Amadou Diakhaté et Me Bamba Ndiaye.



