Député à l’Assemblée nationale sous la bannière du parti Pastef, Guy Marius Sagna offre une analyse nuancée de la situation politique et judiciaire du Sénégal. Dans une interview accordée à Jeune Afrique, le parlementaire reconnaît les changements de personnel à la tête de l’État, mais exprime son désarroi face à la persistance d’un système profondément enraciné.
« Ma lutte ne vise pas des individus, mais le système », déclare-t-il, rappelant ainsi la politique d’Ousmane Sonko qui cherche à transformer en profondeur le paysage politique sénégalais. Le slogan « Changer le système » est devenu l’un des principaux axes de la campagne qui a porté Pastef au pouvoir. Cependant, malgré la nomination de Bassirou Diomaye Faye et l’attribution de postes clés à plusieurs membres de Pastef, le système en place montre une résistance inattendue.
Conscient de cette réalité, Guy Marius Sagna souligne lors de son entretien avec Jeune Afrique : « Nous avons mené campagne pendant une décennie pour changer le système. Mais ce dernier est toujours là. » Il regrette que malgré le changement de dirigeants, le système ne se résume pas à ces modifications superficielles.
Le parlementaire critique également les récentes arrestations de journalistes sous le régime actuel, pointant du doigt un système oppressif. Il évoque ses propres expériences de persécution sous le gouvernement de Macky Sall lorsqu’il était dans l’opposition. « Les mêmes procureurs qui m’ont envoyé en prison à six reprises sous Macky Sall siègent toujours dans les tribunaux », déplore-t-il.
Malgré ces obstacles, Guy Marius Sagna reste optimiste quant aux réformes en cours. Il considère les Assises nationales pour une Justice réformée et modernisée comme un pas crucial vers une transformation profonde. Il souligne également l’engagement de Pastef à garantir la pleine liberté de la presse, tout en insistant sur la nécessité d’une responsabilité dans son exercice.



