La découverte de six corps dans une fosse commune à Sabakhouré, dans la préfecture de Forécariah, continue de susciter l’inquiétude en Guinée. Les dépouilles, retrouvées le 24 août 2026, seraient celles d’hommes dont les yeux étaient bandés et les mains liées, selon Tournons La Page Guinée (TLP-Guinée).
À ce stade, aucune identification officielle des victimes n’a été communiquée par les autorités guinéennes.
Face à la gravité de la situation, TLP-Guinée a saisi, le 27 août, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, les ambassades des États-Unis et de France ainsi que la Délégation de l’Union européenne en Guinée.
Dans des correspondances reçues par Senego, la coalition demande notamment un appui technique et judiciaire pour identifier les victimes, informer leurs familles et préserver les éventuels éléments de preuve.
« Seule une enquête indépendante, transparente et crédible peut restaurer la confiance des populations », estime TLP-Guinée.
L’organisation affirme avoir documenté, depuis le 5 septembre 2021, au moins 35 cas de disparitions forcées et 12 cas d’enlèvements arbitraires, ainsi que plusieurs cas d’exécutions extrajudiciaires présumées. Elle rappelle également qu’une autre fosse commune avait été découverte auparavant dans la même préfecture.
Alors que le parquet de Forécariah a ouvert une enquête, TLP-Guinée appelle les partenaires internationaux à veiller à son indépendance et à son respect des standards internationaux.
La coalition réclame également la publication régulière des résultats de l’enquête ainsi que la poursuite de tous les auteurs et commanditaires présumés, « quels que soient leur rang et grade ».
Pour Alseny Farinta Camara, coordonnateur national de TLP-Guinée, l’enjeu dépasse la seule identification des victimes : « L’impunité ne saurait être une méthode de gouvernance. Les familles des victimes et l’ensemble du peuple de Guinée ont droit à la vérité, à la justice et à la réparation. »



