L’annonce d’un projet de révision de la Constitution soumis à référendum en Guinée-Bissau ravive les tensions politiques. Présentée par une mission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), cette initiative est vivement contestée par une partie de l’opposition.
En déplacement à Bissau, le chef de la médiation de la CEDEAO, le ministre sierra-léonais Timothy Kabba, a évoqué cette perspective, sept mois après le coup d’État militaire du 26 novembre 2025. Une déclaration qui a rapidement suscité de nombreuses réactions sur la scène politique.
L’opposition accuse l’organisation sous-régionale de sortir du cadre de sa mission. Porte-parole de l’équipe de Fernando Dias, qui revendique la victoire à l’élection présidentielle interrompue de 2025, Elton Infanda estime que la CEDEAO compromet sa neutralité en dialoguant avec les autorités de transition sans associer les forces politiques opposées au régime.
Cette nouvelle controverse intervient dans un climat déjà tendu. En février 2026, le président du PAIGC, Domingos Simões Pereira, avait été convoqué par les autorités militaires dans le cadre d’une enquête liée à une présumée tentative de coup d’État.
Le calendrier de transition proposé par les militaires, fixé à douze mois, avait déjà suscité des discussions avec plusieurs dirigeants de la sous-région, dont le président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye, au début de l’année 2026.
Aujourd’hui, l’opposition craint que le futur référendum ne modifie les règles du jeu politique avant les prochaines élections. Selon RFI Afrique, le projet de révision constitutionnelle est actuellement élaboré par une équipe de juristes mandatés par les autorités de transition.
Face aux critiques, la CEDEAO affirme, dans un communiqué, ne pas avoir approuvé un nouveau texte constitutionnel pour la Guinée-Bissau. L’organisation précise avoir uniquement présenté la feuille de route politique élaborée avec les autorités nationales. À ce stade, le projet de Constitution n’a pas encore été promulgué par le président Horta N’Tam.



