À l’approche de la présidentielle prévue le 6 décembre, le général Horta N’Tam multiplie les changements au sein de l’appareil de transition en Guinée-Bissau. Ces évictions soulèvent des interrogations sur ses intentions politiques et sur les conditions dans lesquelles se déroulera le prochain scrutin.
Un remaniement aux enjeux politiques
Plusieurs responsables civils et membres du Conseil national de transition (CNT), considérés comme proches de l’ancien président Umaro Sissoco Embalo, avaient contribué à peser sur les décisions de la transition. En décembre 2025, leur influence aurait notamment participé au report d’une déclaration télévisée du général N’Tam concernant la feuille de route de la CEDEAO.
Leur éviction pourrait ainsi permettre au chef de la transition de renforcer son contrôle sur l’appareil d’État et de réduire les résistances internes.
De son côté, Umaro Sissoco Embalo, interdit de retour à Bissau selon les informations rapportées, poursuit ses ambitions politiques depuis l’étranger. La question de sa candidature reste un enjeu majeur à l’approche du scrutin.
Une présidentielle sous surveillance
Le contrôle des institutions, de l’administration électorale et des forces de sécurité constitue un élément central dans la préparation de l’élection. Dans ce contexte, les décisions du pouvoir de transition alimentent les interrogations sur les garanties d’un scrutin transparent et crédible.
Depuis le coup d’État de novembre 2025, des soupçons persistent quant aux relations entre Umaro Sissoco Embalo et le haut commandement militaire. Toutefois, l’hypothèse d’une rupture entre anciens alliés reste à distinguer des faits établis.
Dans les deux scénarios, la concentration du pouvoir entre les mains des autorités de transition pose la question de la place accordée aux citoyens bissau-guinéens dans le processus politique.
La CEDEAO, l’Union africaine et la Cour suprême attendues
Plusieurs éléments devraient retenir l’attention dans les prochaines semaines. Une éventuelle candidature du général Horta N’Tam ou d’un proche soulèverait des questions sur le respect des engagements pris pendant la transition.
La réaction de la CEDEAO et de l’Union africaine sera également déterminante pour apprécier la pression exercée sur les autorités. Enfin, la décision de la Cour suprême concernant la candidature d’Umaro Sissoco Embalo pourrait peser sur la suite du processus électoral.
À deux mois de la présidentielle, l’évolution de ces dossiers permettra de mieux mesurer les rapports de force et les perspectives d’un retour à l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau.



