La grève générale de 72 heures annoncée par les travailleurs sénégalais à partir de ce mercredi 21 octobre suscite des inquiétudes sur ses répercussions économiques. Dans les colonnes de L’Observateur, l’économiste Moubarack Lô met en garde contre les pertes de productivité et les risques que les tensions sociales font peser sur l’attractivité du Sénégal auprès des investisseurs.
Des pertes économiques difficiles à rattraper
Ancien conseiller spécial et économiste en chef du Premier ministre Mahammad Boun Abdallah Dionne, Moubarack Lô distingue les pertes immédiates liées aux journées de travail non effectuées des conséquences plus durables d’une crise sociale prolongée.
Selon lui, l’ampleur des répercussions dépendra des secteurs touchés, notamment les entreprises privées, les services publics et les autres activités économiques. Certaines industries pourraient compenser les pertes en augmentant leur production après la grève. En revanche, le rattrapage sera plus complexe dans les services publics, selon la nature des missions interrompues.
L’attractivité du Sénégal en question
Au-delà des pertes immédiates, l’économiste attire l’attention sur les effets à moyen et long terme d’une instabilité sociale persistante. Il estime qu’un climat de travail incertain pourrait fragiliser la position du Sénégal dans la compétition pour attirer les investissements.
« Un pays incapable de garantir un climat de travail stable risque de ne pas figurer sur la liste restreinte des destinations retenues par les investisseurs », avertit-il.
Cette inquiétude intervient alors que les tensions entre les travailleurs et les autorités placent le dialogue social au cœur des préoccupations économiques.
Un pacte social pour préserver la croissance
Pour prévenir ces risques, Moubarack Lô préconise d’accélérer la mise en place d’un « pacte social de croissance ». Ce mécanisme réunirait durablement le gouvernement, les syndicats et le patronat dans un cadre permanent de concertation.
L’objectif serait de concilier la préservation de la paix sociale avec une meilleure redistribution des fruits de la croissance par l’État et les entreprises.
Pour l’économiste, le développement national ne peut se construire sans cohésion sociale. Il appelle ainsi les différentes parties à privilégier le dialogue afin de limiter les conséquences économiques d’une crise prolongée.




