À Dimona, ville du désert du Néguev souvent perçue comme l’un des endroits les plus sûrs d’Israël, un sentiment d’incrédulité domine après une attaque inattendue. « Nous pensions être en sécurité ici », confient certains habitants, encore sous le choc.
Au lendemain de la chute d’un missile iranien dans une zone résidentielle, les réactions oscillent entre surprise, résignation et prudence. Beaucoup évitent d’évoquer ouvertement la présence, à proximité, d’un site nucléaire hautement stratégique et entouré de secret.
Galit Amir, responsable d’un foyer accueillant des personnes vulnérables, raconte : « Nous ne nous attendions pas à cela ». Lors de l’impact, six résidents étaient présents dans le bâtiment, légèrement blessés. Malgré tout, elle insiste sur le sentiment de sécurité qui prévalait jusque-là dans la ville.
L’attaque, survenue samedi soir, a fait une trentaine de blessés, dont un dans un état grave. Les systèmes de défense israéliens n’ont pas réussi à intercepter le missile à temps.
Dimona est connue pour sa proximité avec le Centre de recherche nucléaire du Néguev, officiellement dédié à des activités scientifiques. Toutefois, selon de nombreuses sources étrangères, ce site aurait joué un rôle dans le développement du programme nucléaire israélien. Fidèle à sa doctrine d’« ambiguïté stratégique », Israël ne confirme ni ne dément posséder l’arme nucléaire.
Déjà visée par le passé, la ville se retrouve aujourd’hui sous les projecteurs internationaux après cette frappe, considérée comme une escalade significative.
Sur place, certains habitants se montrent méfiants envers les médias. Une jeune femme, dont la maison a été endommagée, minimise l’événement en affirmant que « seule une entreprise textile a été visée ». D’autres tiennent des propos similaires, niant toute présence nucléaire dans la zone.
David Azran, un entrepreneur dont la maison a été détruite, affirme ne pas se sentir menacé : « J’ai la foi ». Armé, il laisse toutefois entendre que la cible réelle pourrait être le site stratégique voisin, évoquant des tentatives répétées pour l’atteindre.
Les dégâts sont considérables : bâtiments éventrés, murs effondrés, débris éparpillés à perte de vue. Dans ce paysage de destruction, des objets du quotidien — jouets, nourriture pour animaux, effets personnels — témoignent de la brutalité de l’explosion.
Le point d’impact se situe à environ cinq kilomètres du centre nucléaire, dissimulé dans les reliefs environnants.
L’Iran a revendiqué l’attaque, la présentant comme une riposte à une opération contre le site nucléaire de Natanz. Depuis fin février, la région est plongée dans une escalade militaire impliquant notamment Israël, les États-Unis et l’Iran, marquée par des frappes et des tirs de missiles.
Malgré la situation, certains habitants affichent une confiance intacte. Krishna Vishwakarma, un ouvrier, affirme ne pas craindre de nouvelles attaques. De son côté, Einav Alon, commerçante dont le magasin a été endommagé, décrit une scène de chaos total à la sortie de son abri.
Mère de deux enfants, elle reconnaît sa surprise mais exprime sa confiance dans les capacités de protection du pays. Pour elle, comme pour d’autres, cet événement relève presque de l’inévitable : « Les accidents, ça arrive ».


