Le Premier ministre français Michel Barnier a qualifié mercredi la situation budgétaire du pays de « très grave », alors que ses futurs partenaires de gouvernement refusent toute augmentation d’impôts. L’ancien commissaire européen, récemment nommé à Matignon par le président Emmanuel Macron, a exprimé ses préoccupations après avoir pris connaissance de l’état des finances publiques.
« La situation budgétaire du pays que je découvre est très grave. J’ai demandé tous les éléments pour en apprécier l’exacte réalité », a-t-il déclaré à l’AFP. Cette évaluation alarmante a également été partagée par Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, qui a estimé que le budget de 2025 serait l’un des plus délicats de la Ve République. Moscovici a ajouté que l’objectif du gouvernement de réduire le déficit public à 5,1 % du PIB en 2024 serait probablement manqué, soulignant que ramener ce déficit sous les 3 % d’ici 2027, comme le souhaite Paris, est « ni possible ni souhaitable ». Il propose plutôt d’atteindre cet objectif en 2029 pour éviter des coupes budgétaires massives qui freineraient la croissance.
Le Premier ministre Barnier, actuellement concentré sur la formation de son gouvernement, a souligné la nécessité de « méthode et de sérieux » pour relever les défis économiques du pays. Il a également critiqué les « petites phrases » de certaines figures politiques, appelant à la responsabilité face à cette crise budgétaire.
En réponse aux spéculations sur une éventuelle augmentation des prélèvements, son entourage a démenti toute intention d’augmenter les impôts. Cependant, cette question divise, avec certains membres du gouvernement, comme l’ex-ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, rejetant catégoriquement cette option. Malgré la pression croissante pour un « effort fiscal » ciblé sur les grandes entreprises et les hauts revenus, Barnier a rappelé que la France est déjà l’un des pays avec la charge fiscale la plus élevée en Europe, réaffirmant la prudence nécessaire dans toute réforme.



