Les 12 et 13 août derniers, Thionk-Essyl a accueilli la première édition du Forum Environnement-Développement du Blouf (Fed-Blouf). Présidé par le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Daouda Ngom, cet événement a permis de réaffirmer l’engagement de l’État sénégalais à lutter contre la déforestation et le trafic illicite de bois.
Le Blouf, une région touchée par la déforestation et la dégradation des terres, a été le théâtre de ce forum organisé en collaboration avec le Collectif des maires du Blouf et l’Agence sénégalaise de reboisement de la Grande muraille verte (Asergmv). Lors de l’ouverture, Daouda Ngom a souligné l’importance cruciale de protéger les vestiges forestiers du Sénégal, principalement situés en Casamance. « Le Sénégal n’est pas un pays forestier. Les seules reliques forestières que nous avons se trouvent en Casamance. Nous avons donc le devoir de les protéger pour les générations futures », a affirmé le ministre.
La Casamance, malgré ses potentialités, fait face à des défis environnementaux majeurs tels que la salinisation, la déforestation due à la coupe illicite de bois, et les feux de brousse. L’État s’engage à traiter ces problèmes de manière proactive. « Nous avons l’ambition d’atténuer fortement la déforestation et le trafic illicite de bois. Mais l’État ne peut pas réussir seul ; il a besoin des collectivités territoriales », a précisé le ministre Ngom.
Le ministre a également rappelé que la reforestation ne devait pas se limiter à d’autres régions du Sénégal mais inclure également la Casamance. Il a instruit le Directeur général de l’Asergmv d’intégrer cette région dans le programme national de reforestation. « Le gouvernement fera tout ce qu’il peut avec l’aide des collectivités territoriales et des forces de défense et de sécurité », a-t-il assuré. Selon lui, les collectivités doivent jouer un rôle clé dans la sensibilisation des communautés locales et veiller à la protection des ressources forestières.
Le président du Collectif des délégués de quartier de Thionk-Essyl, Aliou Djiba, a exprimé des préoccupations concernant la complicité entre certaines populations et les coupeurs de bois illégaux. « Nous sensibilisons contre la coupe de bois, mais certains continuent à couper sans autorisation », a-t-il déploré. Djiba a également souligné le manque de moyens logistiques pour les agents des Eaux et Forêts, appelant à un renforcement de leur équipement.
Youssouf Sané, président du Collectif des maires du Blouf et maire de Balingore, a alerté sur la gravité de la situation. « La dégradation de la forêt s’accentue. Si nous ne prenons garde, cette forêt verte va disparaître. La seule vraie forêt restante est celle de Tendouck », a-t-il averti, ajoutant que l’accès à l’eau est devenu problématique dans la région.
Le Forum Environnement-Développement du Blouf a été une occasion cruciale pour discuter des défis environnementaux de la région et pour mobiliser les acteurs locaux dans la lutte contre la déforestation. Les discussions et conclusions du forum seront essentielles pour orienter les futures politiques et actions de reforestation au Sénégal.



