Karim Wade, candidat recalé à deux reprises pour la présidentielle en 2019 et 2024, reste une figure centrale du Parti Démocratique Sénégalais (PDS), fondé par son père. Pourtant, sa légitimité est de plus en plus contestée au sein de ce parti historique, où sa présence devient encombrante pour certains.
En 2019, Oumar Sarr, alors numéro 2 du PDS, déclarait que « le problème de fond du PDS, c’est Karim Wade ». Selon Sarr, Wade-fils cherchait à utiliser le parti pour ses propres intérêts. Ce sentiment est partagé par plusieurs anciens responsables du PDS, qui accusent Karim de vouloir s’approprier le parti. Le départ récent de Woré Sarr, démissionnaire après avoir été écartée de la présidence de la Fédération nationale des femmes du PDS, illustre cette tension. La députée Mame Diarra Fam a dénoncé cette décision comme une trahison, annonçant d’autres démissions potentielles.
Doudou Wade, figure influente du parti, a également exprimé des doutes sur l’authenticité des documents concernant le remplacement de Woré Sarr, suggérant une implication directe de Karim Wade. Ces accusations alimentent l’idée que Wade-fils cherche à écarter les anciens militants pour consolider son contrôle sur le PDS.
Cette vague de contestations pourrait fragiliser davantage un PDS déjà affaibli. Face aux prochains défis politiques, notamment la Déclaration de politique générale du Premier ministre et les élections législatives, le PDS doit éviter les divisions internes et œuvrer pour son unité et sa massification. Doudou Wade considère ces échéances comme des tests cruciaux pour le parti.
Depuis son exil au Qatar, Karim Wade continue de prendre des décisions pour le PDS. Sa nomination comme candidat en 2019 et 2024, bien que finalement inéligible, l’a positionné comme le seul décideur au sein du parti. Ce pouvoir, il le doit à son père et à ses ressources financières, qui lui permettent de soutenir le parti. Malgré cela, son absence prolongée du Sénégal a affaibli sa connexion avec la population.
La scène politique sénégalaise a évolué, avec l’émergence du Pastef, un parti dirigé par des jeunes leaders en phase avec les aspirations populaires et prônant un discours anti-système. Cela complique encore la tâche de Karim Wade, dont le retour en politique active est incertain.
Le PDS, fort de sa longue expérience, n’a pas encore dit son dernier mot. Pour se préparer aux prochaines échéances politiques, il doit resserrer ses rangs et espérer le retour de Karim Meïssa Wade sur le terrain. La question reste de savoir quand il reviendra au Sénégal pour diriger le parti et éventuellement le pays.



