Le Collectif des comptables des matières du Sénégal a lancé un appel direct au président de la République et au Premier ministre afin d’attirer leur attention sur ce qu’il considère comme une « injustice vieille de 50 ans ». À travers un communiqué rendu public ce mercredi 29 avril, ces professionnels réclament une réforme urgente de leur régime indemnitaire.
Le collectif déplore une situation qu’il juge incohérente : malgré l’évolution de leurs missions et l’augmentation des risques liés à leurs fonctions, leur indemnité serait restée inchangée depuis des décennies. Une réalité qu’ils estiment en décalage avec les orientations récentes des autorités, notamment celles exprimées dans une circulaire d’août 2024 par le Premier ministre Ousmane Sonko, insistant sur l’importance du respect strict de la comptabilité des matières pour une gestion efficace des biens publics.
Selon les signataires, cette stagnation pourrait avoir des conséquences néfastes pour l’administration publique, notamment une baisse de motivation chez les agents chargés de la gestion du patrimoine de l’État, une fuite des compétences vers des postes mieux valorisés, ainsi qu’un affaiblissement global du système de gouvernance des biens publics.
Face à cette situation, le collectif réclame une harmonisation de leur traitement avec celui des comptables publics financiers. Parmi leurs principales revendications figurent l’abrogation du décret n°75-1110 du 11 novembre 1975, son remplacement par un nouveau texte, la mise en place d’une indemnité spécifique liée à leurs responsabilités, ainsi que son ajustement en fonction de l’importance du patrimoine géré et du niveau de responsabilité.
Le porte-parole du collectif, Omar Dramé, met en garde contre les conséquences d’un statu quo, estimant qu’un refus de revalorisation risquerait de fragiliser les réformes engagées par l’État.
Ces revendications interviennent à la veille de la Journée internationale des travailleurs, prévue le vendredi 1er mai 2026.


