Un récent rapport met en évidence les pratiques d’évitement fiscal et de fraude fiscale au Sénégal, en se concentrant particulièrement sur le système de fausse facturation commerciale, qui permet à certaines entreprises de transférer des richesses hors du pays sans être imposées. Selon ce rapport, chaque année, environ 153 millions de dollars, soit 3% des recettes fiscales du pays, échappent aux caisses de l’État.
William Davis, auteur du rapport, explique que les pertes les plus importantes sont liées à ce système de fausse facturation, pour lequel des solutions claires existent. Parmi celles-ci, il propose un meilleur partage d’informations entre les services douaniers des différents pays afin de comparer les factures déclarées pour une même cargaison lors de l’exportation et de l’importation.
Le rapport recommande également d’augmenter le nombre de fonctionnaires chargés de l’inspection des entreprises et d’élargir les audits aux sous-traitants, qui sont souvent impliqués dans ces pratiques frauduleuses.
Renforcement des mesures gouvernementales
Aminata Seck Ndao, directrice de la réglementation au ministère de l’Énergie, du pétrole et des mines, souligne que les éléments soulevés par le rapport viennent renforcer la détermination du gouvernement à maîtriser ces pratiques. « Le rapport renforce notre conviction qu’il est crucial de maîtriser ces pratiques pour maximiser les revenus tirés des secteurs minier, pétrolier et gazier », déclare-t-elle, ajoutant que des actions sont déjà en cours dans ce sens.
L’enjeu devient d’autant plus crucial pour l’État sénégalais, puisque le pays a récemment commencé à produire ses premiers barils d’hydrocarbures et prévoit de renégocier les contrats avec les entreprises étrangères opérant dans le secteur.



