Le quart de finale de l’Euro-2024 opposant l’Espagne à l’Allemagne vendredi revêt une dimension particulière, évoquant une finale anticipée qui rappelle la victoire mémorable de la Roja en 2008.
À cette époque, une équipe espagnole en pleine ascension, incarnée par des légendes comme Xavi, Iniesta et Fabregas, avait triomphé de la Mannschaft en finale grâce à un but de Fernando Torres, offrant ainsi à l’Espagne son premier titre depuis 1964.
Ce match reste gravé dans les mémoires des supporters des deux camps, marquant un nouveau coup dur pour l’Allemagne après son élimination à domicile lors du Mondial 2006 et lançant l’Espagne vers un triplé historique Euro-2008, Mondial-2010 et Euro-2012.
Dirigés par des figures telles que David Villa, Xabi Alonso, Carles Puyol et Sergio Ramos, les Espagnols ont depuis acquis le statut de « bête noire » de l’Allemagne, éteignant à nouveau les espoirs de Michael Ballack et de ses coéquipiers en demi-finale du Mondial 2010.
Lothar Matthäus, légendaire joueur allemand, rappelle avec émotion : « La dernière fois que nous avons battu l’Espagne en match officiel remonte à 1988, avec un doublé de Rudi Völler à Munich. Il est temps que cela change après 36 ans. »
Les deux équipes qui s’affronteront à Stuttgart (18h00) ont subi une métamorphose significative depuis leur décevante sortie au Mondial 2022, où toutes deux avaient été éliminées précocement après un match nul 1-1 en phase de groupes.
L’Espagne, seule équipe à avoir remporté ses trois matchs de poule et à avoir infligé un sévère 4-1 à la Géorgie en huitièmes, s’affirme comme la favorite du tournoi jusqu’à présent, malgré des débuts modestes en Allemagne.
Cette performance rappelle celle de 2008, marquée par un parcours sans faille en phase de groupes avec neuf points, ce qui a suscité des comparaisons flatteuses dans la presse.
« Je vois beaucoup de similitudes avec l’équipe de 2008 », déclare Fernando Torres. « Au début, peu croyaient en nous, mais nous avons su conquérir le cœur des supporters et des médias. »
Carlos Marchena, ancien défenseur espagnol, ajoute : « L’Espagne de 2008 était une équipe avec une grande diversité de talents. Le but en finale était un exemple de notre jeu de possession et de profondeur. »
Pour le quotidien munichois Süddeutsche Zeitung, « L’Espagne a été une source d’inspiration pour l’Allemagne, notamment en termes de jeu de possession, et est devenue un obstacle majeur. Avant ce quart de finale, elle semble encore avoir une longueur d’avance. »
Cependant, la Mannschaft, portée par Jamal Musiala du Bayern Munich, co-meilleur buteur du tournoi avec trois buts, représente une menace sérieuse pour une Espagne parfois vulnérable en transition après la perte du ballon.
Une victoire à domicile en quart de finale pourrait marquer un tournant pour l’Allemagne, désireuse de reconquérir son public après plusieurs échecs en compétitions internationales depuis 2018.
En préambule au match, Toni Kroos, 34 ans et sur le point de mettre fin à sa carrière après l’Euro, affirme que cette rencontre « ne sera pas la dernière » pour lui. De leur côté, les Espagnols Joselu et Pedri ont exprimé leur intention de « l’envoyer à la retraite », dans une dynamique de rivalité teintée d’ambition et de respect.
Le choc entre l’Espagne et l’Allemagne promet donc une soirée épique à Stuttgart, où l’histoire et le présent se rencontrent sur le terrain pour déterminer qui continuera sa quête vers la gloire européenne.



