Une attaque menée lundi dans le centre de l’Éthiopie a fait au moins 14 morts et plus de 10 personnes ont été enlevées, selon des informations rapportées vendredi par l’AFP, citant l’ONG Acled et un témoin.
Les faits se sont déroulés dans la localité de Walga, située dans l’État régional de l’Éthiopie centrale, à environ 150 kilomètres au sud-est de la capitale Addis-Abeba.
D’après Jalale Getachew Birru, analyste à Acled, un groupe armé se présentant comme une milice d’« autodéfense » de l’ethnie amhara Fano a attaqué la localité vers 15 heures.
Le bilan communiqué par l’ONG fait état de 14 à 17 morts et de plus de 10 personnes enlevées.
Des demandes de rançon
Un habitant de Walga, cité sous couvert d’anonymat par l’AFP, avance pour sa part un bilan de 16 morts. Il affirme également qu’environ 16 femmes et enfants seraient toujours détenus par leurs ravisseurs.
Selon ce témoin, les ravisseurs réclameraient des rançons comprises entre 150 000 et 800 000 birr, soit environ 800 à 4 270 euros.
Jalale Getachew Birru souligne que les attaques de ce type sont fréquentes dans cette zone frontalière de l’Oromia et qu’elles sont régulièrement accompagnées de demandes de rançon.
Un contexte sécuritaire tendu
Selon Acled, le groupe impliqué dans cette attaque serait principalement actif dans des activités criminelles et ne serait pas reconnu par la direction des Fano.
Les milices Fano ont pris les armes contre le gouvernement fédéral éthiopien en avril 2023. Elles étaient jusqu’à récemment constituées de plusieurs groupes largement autonomes, avant d’amorcer un rapprochement ces derniers mois.
L’Éthiopie reste confrontée à plusieurs foyers de violences armées. Les régions de l’Oromia et de l’Amhara, parmi les plus peuplées du pays, sont notamment touchées par des affrontements impliquant différents groupes armés et les forces fédérales.
Le pays connaît également une multiplication des enlèvements contre rançon. En septembre 2024, la Commission éthiopienne des droits humains avait alerté sur l’augmentation de ces actes, attribués notamment à des bandes organisées et, selon elle, à certains membres des forces de sécurité gouvernementales.



