Mohamed Cissé, jeune militant du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) en Guinée, a récemment témoigné dans une vidéo poignante sur son enlèvement ainsi que celui de deux autres leaders du mouvement, Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah. Ces événements ont eu lieu à Conakry le 9 juillet 2024, suite à une réunion préparatoire à une manifestation projetée par le FNDC.
Libéré 24 heures après son arrestation, Mohamed Cissé vit actuellement dans la clandestinité. Le 21 juillet, il est apparu dans une vidéo enregistrée en lieu secret, décrivant en détail les circonstances de leur arrestation.
Selon son récit, Mamdou Billo Bah, informé par téléphone de l’approche de véhicules militaires, a à peine eu le temps de prévenir les autres membres du groupe avant que des hommes armés et des gendarmes en civil ne les encerclent. Les militants ont été arrêtés sans mandat d’arrêt apparent, et Mohamed Cissé rapporte que des violences physiques et des menaces verbales ont été infligées pendant leur transfert.
« Nous avons été maltraités physiquement, battus au visage et aux côtes, et insultés avec des menaces de violence encore pire », a témoigné Mohamed Cissé. Les leaders du FNDC ont été embarqués dans des véhicules militaires séparés sous escorte armée, avec Foniké Menguè dans un véhicule distinct.
Depuis leur arrestation, Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah sont portés disparus, suscitant une vive inquiétude tant au niveau national qu’international. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a exprimé sa profonde préoccupation le 19 juillet dernier, appelant les autorités de transition à les libérer immédiatement, à moins qu’ils ne soient formellement inculpés selon les procédures légales établies.
Cette affaire soulève de sérieuses préoccupations quant aux droits humains en Guinée, et met en lumière les défis persistants pour la protection des militants et des défenseurs des droits civiques dans le pays.



