Au Sénégal, le flou persiste autour de la date des prochaines élections territoriales. Alors que plusieurs formations de l’opposition réclament la fixation du scrutin, Pastef hausse le ton et interpelle directement les autorités.
Dans un communiqué publié ce mercredi, le parti dirigé par Ousmane Sonko annonce avoir adressé une « demande formelle de déclenchement du processus électoral territorial » au ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique. La correspondance a également été transmise, pour ampliation, au président de la République et à la Commission électorale nationale autonome (CENA).
Pour justifier sa démarche, le Bureau politique de Pastef rappelle que les conseillers départementaux et municipaux ont été élus le 23 janvier 2022 pour un mandat de cinq ans. Le parti s’appuie notamment sur les articles L.236 et L.269 du Code électoral, qui prévoient le renouvellement des conseils dans les trente jours précédant l’expiration de leur mandat.
Pastef invoque également l’article L.63 du Code électoral, qui prévoit que le scrutin se déroule un dimanche. Selon le parti, ces dispositions font du dimanche 17 janvier 2027 la « dernière date légalement possible » pour organiser les élections territoriales.
Mais à ce jour, déplore la formation politique, le décret fixant officiellement la date du scrutin n’a toujours pas été pris. Or, cette décision constitue le point de départ des différentes opérations électorales.
Le parti pointe également l’absence de publication du montant de la caution. Selon Pastef, les articles L.247 et L.282 du Code électoral prévoient que cette somme soit fixée par arrêté du ministre chargé des Élections, après consultation des parties prenantes, au plus tard 150 jours avant le scrutin. Un délai que le parti considère désormais dépassé.
Pastef dénonce ainsi une « violation » des dispositions légales et estime que chaque jour supplémentaire d’inaction accentue la situation. Pour le parti au pouvoir, l’absence de décret présidentiel ne peut en aucun cas entraîner un report de fait des élections territoriales.
La formation politique soutient que l’organisation du scrutin dans les délais prévus par la loi ne relève pas d’un choix politique. « Le calendrier électoral s’impose à tous, y compris au Président de la République », affirme-t-elle.
Pastef annonce enfin qu’il entend utiliser « toutes les voies républicaines et juridictionnelles » disponibles afin d’obtenir le respect du calendrier électoral et permettre aux citoyens d’exercer leur souveraineté dans les délais prévus par la loi.




