La rentrée scolaire 2026-2027 s’ouvre sur un climat social tendu au Sénégal. Le G7, qui regroupe plusieurs organisations syndicales de l’enseignement, dont le SAEMS, l’UDEN et le CUSEMS, a annoncé une grève totale de trois jours, prévue les 21, 22 et 23 octobre prochains. Dans un communiqué publié ce jeudi 15 octobre, le collectif dénonce le non-respect des engagements gouvernementaux, les retards de paiement des salaires des enseignants contractuels et plusieurs dysfonctionnements administratifs. Autant de griefs qui font planer la menace d’une nouvelle perturbation du système éducatif.
Cette montée des tensions intervient dans un contexte particulièrement difficile, marqué par les inondations provoquées par les fortes pluies enregistrées au début du mois d’octobre. Plusieurs établissements scolaires ont été envahis par les eaux, tandis que les perturbations du réseau routier ont compliqué les déplacements des élèves et du personnel enseignant. Dans ce contexte, le G7 a salué la décision du ministère de l’Éducation nationale de reporter la rentrée des élèves au lundi 12 octobre 2026. Le collectif a également exprimé sa reconnaissance aux forces vives de la nation mobilisées pour les opérations de pompage, de nettoyage et de désherbage des écoles, tout en appelant les autorités à poursuivre les efforts afin de rendre accessibles les établissements encore touchés.
Si les enseignants ont répondu massivement présents lors de la rentrée administrative du 5 octobre, le collectif estime que la valorisation de leur profession demeure un chantier inachevé. Cette rentrée coïncide avec le soixantième anniversaire de la Journée mondiale des enseignants, consacrée notamment à la reconnaissance et à la protection de cette profession. Pour le G7, les difficultés persistantes auxquelles font face les enseignants sénégalais illustrent le décalage entre les discours officiels et les mesures concrètes attendues sur le terrain.
Au cœur de la contestation figure le protocole d’accord signé le 16 avril 2026 à la Primature. Le G7 dénonce une application insuffisante, voire des manquements manifestes aux engagements pris par le gouvernement. Parmi les principaux points de blocage figurent la non-publication, en septembre dernier, de l’étude sur le système de rémunération des agents de la fonction publique et l’absence de communication des résultats de l’audit des rappels dus aux enseignants, initialement attendus en août 2026. Le collectif relève également des retards dans le paiement des indemnités après les examens, la digitalisation des procédures et l’achèvement de la Formation diplômante universelle (FDU), conformément au calendrier convenu.
Les revendications portent aussi sur le respect du décret n° 2026-65 relatif aux décisionnaires à tort, la revalorisation de leurs pensions de retraite, le paiement des indemnités des classes EFA et la dotation des écoles élémentaires en manuels scolaires en arabe. Selon le collectif, ces engagements non tenus compromettent la confiance entre les syndicats et les autorités, malgré les assurances données par les ministres concernés et l’engagement du Premier ministre sortant à garantir l’application du protocole.
À ces revendications s’ajoutent plusieurs difficultés administratives et financières. Le G7 déplore la réapparition des retards de salaires des enseignants contractuels, les dysfonctionnements liés au troisième regroupement des stagiaires de la FASTEF et le retard dans le décaissement de l’enveloppe financière globale. Il pointe également les lenteurs dans la formation des animateurs polyvalents, ainsi que des anomalies dans la gestion des prêts au logement, notamment les DMC. Le collectif dénonce des prélèvements multiples sur les salaires de certains bénéficiaires alors que les crédits correspondants ne sont pas encore disponibles.
La préparation des certificats d’aptitude pédagogique (CAP 2026) suscite, elle aussi, des inquiétudes, tandis que la situation des écoles sénégalaises établies en Gambie reste, selon le G7, sans solution définitive. Face à cette accumulation de difficultés, les syndicats dénoncent un manque de volonté politique et rappellent que l’État a la responsabilité de garantir la continuité du service public de l’éducation et la stabilité de l’année scolaire.
Le ton se durcit désormais. Estimant que les engagements du 16 avril 2026 doivent être respectés, le G7 a décidé de passer à l’action. Le collectif décrète ainsi une grève totale de 72 heures dans l’ensemble des établissements scolaires du Sénégal, les mercredi 21, jeudi 22 et vendredi 23 octobre 2026. Il appelle les enseignants à rester mobilisés et vigilants afin d’obtenir l’application intégrale des accords. Cette première démonstration de force constitue un avertissement adressé aux autorités, alors que l’année scolaire vient à peine de commencer et que le risque de nouvelles perturbations se précise.



