Septembre est là. La rentrée scolaire approche. Pourtant, une question essentielle semble encore reléguée au second plan : dans quel état nos écoles accueilleront-elles les élèves ?
Au Sénégal, particulièrement dans la banlieue dakaroise mais aussi dans plusieurs régions, les établissements scolaires ne sont pas épargnés par les inondations. Des cours d’école transformées en mares, des salles difficiles d’accès, des murs fragilisés, des installations sanitaires parfois impraticables : le scénario est malheureusement connu. Et pourtant, à quelques jours de la rentrée, le silence est assourdissant. Faudra-t-il attendre le premier jour de classe pour constater l’évidence et chercher, dans l’urgence, une solution présentielle ?
Le plus préoccupant reste l’absence d’anticipation. Les acteurs de l’éducation, notamment certains syndicats d’enseignants, sont prompts à monter au créneau lorsqu’il s’agit de salaires, d’indemnités ou de conditions de travail. Ces revendications sont légitimes. Mais l’éducation ne peut pas se résumer aux intérêts professionnels de ceux qui l’animent. La défense de l’école doit aussi être la défense des élèves, des établissements et de leur environnement d’apprentissage. Pourquoi ne pas mettre la même pression sur les autorités lorsqu’une école risque d’être inaccessible ou dangereuse à la rentrée ?
À cela s’ajoute un autre danger, plus silencieux : la vétusté des bâtiments scolaires. Dans plusieurs établissements, les années ont laissé leurs traces : murs fissurés, bâtiments vieillissants, infrastructures qui ne rassurent plus. L’école Ndiagne Samb de Rufisque en est une illustration préoccupante. Constituée encore aujourd’hui de bâtiments datant de l’époque coloniale, elle présente un état qui a déjà été dénoncé publiquement par sa directrice dans un reportage de la TFM. Mais depuis, quelle suite ? Où sont les inspections ? Où sont les diagnostics ? Où sont les travaux ?
Cette situation révèle surtout une faiblesse persistante de l’action publique : on semble souvent attendre que ceux qui crient le plus fort obtiennent une réponse, tandis que les urgences silencieuses restent dans l’ombre. Or une école fissurée, inondée ou dangereuse n’a pas besoin d’un scandale médiatique pour devenir une priorité.
Il est encore temps d’agir. Les autorités doivent procéder, avant la rentrée, à un recensement national des écoles exposées aux inondations et présentant des risques structurels, identifier les établissements impraticables, organiser des solutions temporaires pour les élèves concernés et engager les travaux nécessaires.
La rentrée scolaire ne doit pas être le jour où l’on découvre les problèmes que tout le monde connaissait déjà.
Prévenir aujourd’hui, c’est éviter demain des classes paralysées, des élèves pénalisés et, surtout, un drame que personne ne pourra prétendre n’avoir pas vu venir.
Cheikhouna Bamba Lô
Média 28



