Près de trois mois après la confirmation de l’épidémie d’Ebola due au variant Bundibugyo en République démocratique du Congo (RDC), la recherche scientifique s’est accélérée. Deux vaccins candidats sont désormais testés chez l’humain au Royaume-Uni et au Canada, tandis qu’un essai thérapeutique est en cours dans la province de l’Ituri. Si ces avancées nourrissent l’espoir de disposer enfin d’outils spécifiques contre cette souche du virus, aucun produit n’a encore prouvé son efficacité et la riposte reste confrontée à d’importants obstacles sur le terrain.
Deux vaccins en phase d’évaluation
Le premier candidat vaccin, développé par l’Université d’Oxford en partenariat avec le Serum Institute of India, est entré en phase I d’essai clinique le 24 juillet au Royaume-Uni. Le second, conçu par Moderna, est évalué au Canada depuis l’autorisation accordée par Santé Canada le 30 juillet.
Selon Moderna, près de 80 adultes en bonne santé participent à cette étude. Comme pour tout essai de phase I, les volontaires ne sont pas exposés au virus. L’objectif est avant tout de vérifier la sécurité des vaccins et leur capacité à déclencher une réponse immunitaire. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime toutefois que plusieurs mois seront nécessaires avant de disposer des premiers résultats exploitables.
Plus de 50 patients inclus dans un essai thérapeutique
En parallèle, un essai clinique soutenu par l’OMS est mené auprès de patients atteints d’Ebola dans la province de l’Ituri, principal foyer de l’épidémie.
Au 4 août, plus de 50 personnes ayant reçu un diagnostic confirmé avaient été incluses dans l’étude, réparties dans trois centres de traitement. Un quatrième site devait commencer le recrutement dans les jours suivants, avec l’objectif d’étendre progressivement le protocole à au moins dix établissements.
Selon l’OMS, le principal frein n’est pas le refus des patients, mais le nombre limité de centres capables de mettre en œuvre ce protocole complexe. La prise en charge tardive constitue également un défi majeur. Comme l’a rapporté RFI Afrique, de nombreux malades arrivent dans les structures de santé à un stade avancé de la maladie. Au 3 août, sur les 44 décès confirmés au cours des dernières 24 heures, 30 étaient survenus dans la communauté et n’avaient été détectés qu’après des prélèvements post-mortem.
Un traitement préventif également à l’étude
Un second essai, conduit par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de la RDC et ses partenaires, évalue un médicament oral administré pendant dix jours à des personnes identifiées comme contacts à haut risque. Plus de 25 participants ont déjà reçu ce traitement, selon l’OMS.
Là encore, la mise en œuvre se heurte à plusieurs difficultés. Dans la province de la Tshopo, deux contacts professionnels ont pu recevoir le médicament, mais un traitement a dû être interrompu à l’hôpital du Cinquantenaire de Kisangani. À Kongakonga, huit personnes considérées comme contacts à haut risque ont refusé de participer à l’essai, sans que les raisons de ce refus soient précisées.
Le suivi des personnes exposées reste également insuffisant. Au 3 août, seuls 78,4 % des 18 243 contacts recensés avaient été suivis, un niveau largement inférieur à l’objectif de 95 % fixé par les autorités sanitaires.
Une épidémie détectée tardivement
L’enquête épidémiologique montre que la circulation du virus avait commencé plusieurs semaines avant la confirmation officielle de l’épidémie, annoncée le 15 mai 2026.
Dès le 24 avril, un infirmier de Bunia avait présenté des symptômes compatibles avec Ebola avant de décéder le 27 avril, sans qu’une alerte ne soit déclenchée. Son corps avait ensuite été transporté à Mongwalu, où les cérémonies funéraires ont favorisé de multiples expositions au virus.
Face à cette situation, l’OMS et le Consortium de recherche sur les filovirus avaient réuni, dès le 22 mai, près de 1 300 experts afin d’accélérer le développement de vaccins et de traitements ciblant spécifiquement le variant Bundibugyo, pour lequel aucun produit homologué n’était disponible.



