Le Collectif des acteurs d’eau en sachet tire la sonnette d’alarme face à la multiplication d’unités clandestines de production dans les régions de Saint-Louis, Matam et Louga. Selon l’organisation, cette situation représente une menace pour la santé publique, l’environnement et l’économie du secteur.
Produit de consommation courante, notamment dans les zones urbaines et périurbaines, l’eau en sachet s’est imposée grâce à son coût abordable et à sa facilité de distribution. Mais cette forte demande favoriserait également l’émergence de nombreuses usines illégales.
Le collectif rappelle que, depuis l’entrée en vigueur de la loi n°2020-04 du 8 janvier 2020 encadrant l’usage du plastique, l’État du Sénégal a suspendu la délivrance des autorisations pour l’implantation de nouvelles usines d’eau en sachet. Malgré cette réglementation, des unités clandestines continueraient de voir le jour.
Selon Maham Ba, coordonnateur de la section de Saint-Louis du collectif, un réseau de faussaires opérerait dans la filière en commercialisant de fausses Fiches de renseignement administratif (FRA). Ces documents falsifiés, comportant des signatures imitées, permettraient à certaines unités de fonctionner sans aucune autorisation légale. Il affirme qu’une grande partie des usines installées dans le pays ne disposerait d’aucun document administratif ou juridique conforme.
Face à cette situation, plusieurs opérations de démantèlement ont été menées avec l’appui de la Section de recherches de Saint-Louis. Ces interventions, conduites dans les régions de Saint-Louis, Louga et Matam, ont abouti à l’arrestation et à la condamnation de plusieurs personnes impliquées dans ces activités frauduleuses. Plus de 70 machines ensacheuses ont également été saisies, selon le collectif.
Déterminés à assainir durablement la filière, les acteurs du secteur annoncent la poursuite de leur collaboration avec les autorités afin de lutter contre les usines clandestines, les réseaux de faussaires et leurs complices.



