La question de la délivrance de doctorats par certains établissements privés revient au cœur du débat sur l’enseignement supérieur au Sénégal. La Direction générale de l’enseignement supérieur (DGES) a récemment réagi à l’annonce de plusieurs soutenances de thèse, dont celle du directeur général adjoint de la Police nationale.
Dans son communiqué, la DGES affirme que les diplômes concernés ne respecteraient pas les dispositions réglementaires encadrant le secteur. Elle soutient également qu’ils ne seraient reconnus ni au Sénégal ni à l’international.
Une polémique qui revient régulièrement
Cette nouvelle communication de la DGES intervient alors que des soutenances organisées dans le cadre de formations privées ont déjà suscité des réactions similaires par le passé.
Le débat porte principalement sur les conditions dans lesquelles certains établissements privés peuvent proposer des parcours doctoraux et sur la portée des partenariats conclus avec des institutions universitaires.
Le Centre africain d’intelligence stratégique (CISPAIX) indique notamment proposer un programme doctoral en partenariat avec l’Université pour la paix (UPEACE) et l’école doctorale ETHOS de l’UCAD. Son site présente également les soutenances organisées du 14 au 16 septembre 2026 à la FASTEF.
Le cas des personnalités publiques
La polémique concerne également plusieurs personnalités connues ayant obtenu ou annoncé la soutenance d’un doctorat dans ce type de cadre.
Aïssatou Mbodji, par exemple, est référencée comme docteure en gouvernance territoriale et sa thèse a fait l’objet d’une publication universitaire.
En août 2024, le général Jean-Baptiste Tine avait également soutenu une thèse à la FASTEF, dans le cadre d’un parcours présenté comme lié à l’UPEACE et à l’école doctorale ETHOS. Il avait obtenu la mention « Très honorable ».
Ces différents cas alimentent les interrogations sur la réglementation applicable aux formations doctorales et sur les conditions de reconnaissance des diplômes délivrés dans le cadre de partenariats.
La question des partenariats public-privé
Le principal point de tension concerne la frontière entre les établissements privés et les structures universitaires habilitées à organiser des formations doctorales.
Dans sa liste des établissements privés d’enseignement supérieur agréés, le ministère recense notamment le CISPAIX avec plusieurs programmes autorisés. Cette liste publiée par le ministère distingue les programmes bénéficiant d’un agrément des autres formations proposées.
Le CISPAIX présente aujourd’hui son doctorat comme un programme mené en partenariat avec l’UPEACE et ETHOS-UCAD.
Entre réglementation et clarification
Au-delà des personnes concernées, le débat pose donc une question plus large : quelles structures sont légalement habilitées à organiser et à délivrer des doctorats au Sénégal ?
Pour les critiques de la situation actuelle, la répétition des communiqués de la DGES ne suffit plus et appelle une clarification réglementaire ainsi qu’une application effective des règles.
Deux voies sont ainsi avancées dans le débat : faire respecter strictement les règles actuellement en vigueur ou procéder à leur révision si le cadre juridique ne correspond plus aux pratiques développées dans le secteur.
La polémique autour des récentes soutenances remet ainsi au premier plan la nécessité de clarifier les conditions de délivrance, de reconnaissance et d’encadrement des doctorats au Sénégal.



