Une affaire de 7 millions de francs CFA a opposé Sokhna Mame Saye Mbacké, fille de Serigne Fallou Mbacké, deuxième khalife général des mourides, à sa disciple Thiané Diop.
La plaignante avait saisi le tribunal des flagrants délits de Diourbel pour abus de confiance, après la perte d’une somme investie dans un projet de commercialisation de lait importé.
Un investissement qui tourne mal
Selon le compte rendu d’audience de L’Observateur, les deux femmes s’étaient associées en 2021. Thiané Diop avait proposé le projet à sa guide religieuse. Séduite par l’idée, Sokhna Mame Saye Mbacké aurait investi 7 millions de francs CFA.
En contrepartie, elle devait récupérer 10 % des bénéfices générés par l’activité.
La première opération a rapidement été lancée. Un conteneur de 40 pieds rempli de lait a été débarqué au Port de Dakar, à l’approche du grand Magal.
Cependant, le produit peine à trouver preneur. Selon le quotidien, il souffre de la concurrence du lait local et de celle des autres importateurs. Méconnu des grossistes et des détaillants, le lait reste finalement invendu.
Une tentative de remboursement
Face aux pertes, Sokhna Mame Saye Mbacké refuse d’assumer seule les conséquences de l’opération et porte plainte contre son associée.
Thiané Diop, qui aurait elle-même perdu près de 100 millions de francs CFA dans cette opération, accepte néanmoins de rembourser les 7 millions investis par la fille de Serigne Fallou Mbacké.
Depuis l’étranger, elle aurait même proposé un titre de propriété à Dakar comme garantie. Mais l’accord n’aboutit pas. Sokhna Mame Saye Mbacké réclame désormais un remboursement en espèces.
Les négociations échouent et les relations entre les deux femmes se détériorent.
Arrêtée dès son retour au Sénégal
Thiané Diop ne s’attendait alors pas à être interpellée lors de son prochain séjour au Sénégal.
À son arrivée à l’Aéroport international Blaise Diagne, elle est arrêtée et placée en garde à vue. Elle découvre que son interpellation fait suite à la plainte déposée par son ancienne associée.
Poursuivie pour abus de confiance, elle est ensuite placée sous mandat de dépôt à la prison de Diourbel.
Le tribunal écarte l’abus de confiance
À la barre, Thiané Diop conteste les faits qui lui sont reprochés. Elle explique que l’échec du projet résulte d’une mévente, un risque auquel tout entrepreneur peut être confronté.
Son avocat demande ainsi sa relaxe. Il rappelle notamment que sa cliente avait tenté de rembourser les 7 millions et proposé un titre de propriété en garantie.
De son côté, Me Assane Dioma Ndiaye, qui défend les intérêts de la partie civile, réclame 15 millions de francs CFA de dommages et intérêts.
Le procureur estime, pour sa part, que la prévenue a manqué à ses obligations. Il relève également qu’elle n’a pas apporté la preuve de la mévente des produits et requiert six mois de prison ferme.
Thiané Diop recouvre la liberté
Au terme du procès, le tribunal n’a finalement pas retenu l’abus de confiance. Le juge a relaxé Thiané Diop de ce chef, tout en retenant une faute civile au sens de l’article 457 du Code pénal.
L’émigrée a ainsi recouvré la liberté. Elle reste toutefois tenue de rembourser les 7 millions de francs CFA à son ancienne associée.



