Alors que le Sénégal cherche à rétablir l’équilibre de ses finances publiques, la question de ses partenariats économiques et financiers prend une nouvelle dimension.
Le pays négocie avec le Fonds monétaire international (FMI) un nouveau programme de 2,2 milliards de dollars sur trois ans. Un accord au niveau des services a été conclu le 1er septembre 2026, mais reste soumis à l’approbation du conseil d’administration du Fonds.
Cette situation intervient dans un contexte de forte pression sur les finances publiques. Selon les données communiquées par les autorités et le FMI, le Sénégal travaille notamment à restaurer la viabilité de sa dette et à améliorer la transparence budgétaire.
La Chine, un créancier important
Parmi les partenaires du Sénégal, la Chine occupe une place importante dans le financement extérieur.
Selon les données publiées en juillet 2026 à partir du bulletin de la dette, l’Exim Bank of China détenait 1 380 milliards de FCFA de créances sur le Sénégal. Elle représente ainsi l’un des principaux créanciers bilatéraux du pays.
La relation avec Pékin dépasse toutefois la seule question de la dette. La Chine fait également partie des principaux partenaires commerciaux du Sénégal.
L’Inde occupe, elle aussi, une place dans les échanges commerciaux et les approvisionnements du pays. Ces relations illustrent la diversification progressive des partenaires économiques de Dakar.
Les BRICS+ comme nouvelle piste
L’intérêt porté aux BRICS+ s’inscrit dans cette volonté de diversification. Le groupe rassemble notamment le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud ainsi que plusieurs autres économies émergentes.
Cependant, une éventuelle diversification diplomatique ne signifie pas automatiquement l’accès à de nouveaux financements à grande échelle. Les capacités et les conditions de financement varient selon les institutions et les partenaires.
La New Development Bank, créée par les BRICS, finance principalement des projets d’infrastructures et de développement. Elle ne constitue donc pas un mécanisme équivalent à un programme du FMI destiné à accompagner les politiques macroéconomiques d’un État.
L’Europe reste un partenaire économique majeur
Malgré l’ouverture vers de nouveaux partenaires, l’Union européenne conserve une place importante dans l’économie sénégalaise.
Les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie montrent que l’Europe représentait 41,8 % des exportations sénégalaises en 2025. Elle constituait également le premier continent fournisseur du pays, avec 40 % des importations.
L’Union européenne indique par ailleurs rester le premier partenaire commercial du Sénégal, notamment grâce à l’importance des échanges et aux relations économiques avec ses États membres.
Des marges de manœuvre à préserver
Les données sur la dette montrent ainsi une forte diversification des créanciers sénégalais. La Banque mondiale représentait 2 803 milliards de FCFA de dette extérieure, devant l’Exim Bank of China avec 1 380 milliards, le FMI avec 905 milliards et la Banque islamique de développement avec 896 milliards, selon les données publiées en 2026.
Dans ce contexte, la question pour Dakar est moins celle d’un choix exclusif entre puissances que celle des conditions attachées à chaque partenariat : coût du financement, durée, investissements, accès aux marchés, transfert de compétences et impact sur la dette.
Le Sénégal dispose ainsi de plusieurs interlocuteurs économiques et financiers. La difficulté consiste désormais à maintenir cette diversification tout en répondant à l’urgence de la soutenabilité de la dette et du financement du développement.



