La Section de recherches (SR) de Kaolack a mis fin aux activités d’un réseau spécialisé dans le trafic d’armes artisanales opérant entre Touba, Kaffrine et le Saloum. Deux individus ont été interpellés dans le cadre de cette opération.
Face à la recrudescence des attaques à main armée dans le centre du pays, la SR de Kaolack avait renforcé la surveillance des circuits de circulation des armes. C’est dans ce contexte qu’une opération de lutte contre les stupéfiants menée au village de Ngathie Naoudé a permis de faire une découverte majeure.
Un individu répondant au nom de A. Mbaye a été arrêté en possession de chanvre indien. La perquisition de son domicile a conduit à la saisie de deux pistolets de fabrication artisanale accompagnés de leurs munitions, selon des sources de Seneweb. Interrogé, il a formellement désigné son fournisseur : N. Niang, âgé de 78 ans et domicilié à Touba.
Les investigations ont révélé que, malgré son âge avancé, N. Niang parcourait régulièrement les marchés hebdomadaires de la zone Centre, notamment celui de Birkelane. Il y écoulait des armes artisanales qu’il dissimulait dans un cartable, principalement auprès d’éleveurs affirmant vouloir assurer la protection de leurs troupeaux.
Le 25 janvier 2026, une opération ciblée a été menée par la SR de Kaolack au marché hebdomadaire de Birkelane. Guidés par A. Mbaye, les enquêteurs ont identifié et interpellé N. Niang en possession de trois armes artisanales et de 75 cartouches. En y ajoutant les saisies effectuées précédemment chez A. Mbaye, ce sont au total cinq armes artisanales et plusieurs dizaines de munitions qui ont été retirées de la circulation.
Placés en garde à vue, les deux suspects ont été interrogés. A. Mbaye a reconnu avoir acheté les armes auprès de N. Niang pour la somme de 12 000 francs CFA l’unité, invoquant des raisons de sécurité liées à son bétail. De son côté, N. Niang a admis exercer une activité de vente d’armes, déclarant s’approvisionner sur le marché noir de Touba, sans toutefois connaître l’identité de son fournisseur. Il a cependant nié toute relation avec A. Mbaye, malgré la similitude des armes saisies.
L’enquête a également permis d’établir un lien entre ces armes artisanales et plusieurs actes criminels dans la région. Les enquêteurs soupçonnent notamment leur utilisation lors de l’attaque de l’hôtel Le Jardin à Kahone, survenue le 29 décembre 2025, au cours de laquelle des individus armés avaient dérobé des téléphones portables et une importante somme d’argent sous la menace.
Les deux mis en cause ont été déférés le lundi 26 janvier 2026 devant le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Kaolack. Ils sont poursuivis pour vente illégale d’armes, détention d’armes artisanales et de munitions de troisième catégorie sans autorisation administrative.


