La question de la transparence des déclarations de patrimoine des membres du gouvernement, notamment celle du Premier ministre Ousmane Sonko, suscite régulièrement des débats dans l’espace public. En effet, de nombreux observateurs s’interrogent sur l’absence de publication des déclarations de patrimoine des ministres, malgré leur collecte par l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac).
Certains militants de la transparence estiment que, tout comme celle du président de la République, la déclaration de patrimoine du Premier ministre devrait être rendue publique. La pratique est en effet bien établie pour le président : sa déclaration est transmise au Conseil constitutionnel, qui la publie ensuite pour informer les citoyens.
Cela soulève la question suivante : pourquoi cette obligation ne s’applique-t-elle qu’au chef de l’État et non à ses ministres, et plus spécifiquement au Premier ministre ? La réponse réside dans la législation actuelle. Aminatou Diop, cheffe de la division en charge des déclarations de patrimoine à l’Ofnac, a expliqué que l’institution n’a pas le droit de rendre publiques ces informations, qu’il s’agisse des déclarations effectuées à l’entrée en fonction ou à la sortie d’un membre du gouvernement. Cette position a été précisée dans des propos rapportés par le journal L’Observateur.
Babacar Bâ, vice-président de l’Ofnac, partage cette analyse et ajoute que la publication de ces informations dépend avant tout d’un changement législatif. « Tout est une question de plaidoyer. Si les citoyens jugent qu’il est nécessaire de publier ces informations, il faudra modifier la loi », a-t-il déclaré. Selon lui, la règle qui oblige le président à publier sa déclaration pourrait également s’appliquer aux autres membres du gouvernement, y compris le Premier ministre.
Cette proposition de réforme législative est également soutenue par l’ex-député du PDS, Doudou Wade, qui estime que l’actuelle législation est incohérente. Il souligne que si la déclaration de patrimoine du président doit obligatoirement être rendue publique, il est difficile de justifier le maintien du secret pour celui du Premier ministre et des autres ministres. « Le président de la République fait sa déclaration auprès du Conseil constitutionnel, qui est tenu de la rendre publique. Comment peut-on justifier, dans ce contexte, la protection du Premier ministre et des ministres ? Cela n’a aucun sens », a-t-il commenté dans des propos rapportés par L’Observateur.
Cette question a été au cœur d’un séminaire de formation des journalistes sur la prévention et la lutte contre la corruption, organisé récemment par l’Ofnac en collaboration avec Amnesty International, comme le rapporte Le Journal du Groupe Futurs Médias. Ce débat souligne l’importance de la transparence dans la gestion des affaires publiques et met en lumière un enjeu crucial pour la démocratie et la bonne gouvernance.



