Mercredi soir, Hama Amadou, une figure emblématique de la politique nigérienne, est décédé à l’âge de 74 ans des suites d’une crise de paludisme, alors qu’il était transporté à l’hôpital général de référence de Niamey. Originaire de Youri, cet homme politique a occupé de nombreuses fonctions au sein de l’État, aspirant toute sa vie à la magistrature suprême, un objectif qu’il n’a jamais atteint.
Surnommé « le phénix », Hama Amadou a été un acteur clé de la scène politique nigérienne. Ancien Premier ministre et fervent opposant au régime de Mohamed Bazoum, il a connu plusieurs incarcérations tout au long de sa carrière. Sa trajectoire politique commence comme contrôleur des douanes, avant de gravir rapidement les échelons pour devenir directeur de cabinet sous les présidences de Seyni Kountché et d’Ali Saibou.
Premier ministre de Mahamame Ousmane de 1995 à 1996, il a également joué un rôle déterminant dans l’accession au pouvoir de Mamadou Tanja en 1999. Devenu Premier ministre à nouveau en 2000, il a dirigé le gouvernement pendant sept ans.
En 2011, Hama Amadou est élu président de l’Assemblée nationale, un poste qu’il occupe jusqu’en 2014. Cependant, sa carrière est ponctuée de controverses, notamment une incarcération en 2009 pour détournement de fonds, qu’il a qualifiée de « machination » politique.
Hama Amadou a également tenté de rivaliser avec Mahamadou Issoufou lors des élections présidentielles de 2011 et 2016, mais sa carrière prend un tournant dramatique lorsqu’il est impliqué dans une affaire de trafic de bébés. En dépit de son incarcération, il parvient à obtenir près de 18 % des voix à la présidentielle de 2016.
Sa candidature à l’élection de 2020 est finalement rejetée, et il est accusé d’être responsable des troubles qui ont suivi la victoire de Mohamed Bazoum en 2021. Libéré pour raisons de santé, il s’exile en France avant de revenir à Niamey après le coup d’État de juillet 2023.
La réaction à sa disparition ne s’est pas fait attendre. L’ancien président Mahamadou Issoufou a exprimé sa tristesse en disant : « Je pleure la perte de l’un de mes meilleurs alliés, je pleure la perte d’un des meilleurs adversaires ». Soufiane Aghaichata Guishene, ministre du Tourisme du régime militaire, a également salué son héritage, affirmant qu’il continuera d’inspirer les générations futures.
Hama Amadou laisse derrière lui un parcours politique tumultueux, marqué par son engagement et son dévouement au service de la nation.



