Le climat politique au Sénégal s’intensifie alors que le conflit entre l’opposition et le pouvoir prend une nouvelle tournure. L’opposition, majoritaire à l’Assemblée nationale, a déposé une motion de censure visant à renverser le gouvernement. En réponse, le président Bassirou Diomaye Faye a contre-attaqué ce mercredi en demandant l’ouverture d’une session extraordinaire de l’Assemblée nationale, une manœuvre stratégique pour éviter l’examen de cette motion.
Ce bras de fer a débuté lorsque l’opposition a tenté de bloquer la suppression de deux institutions jugées trop coûteuses pour le budget : le Haut Conseil des collectivités territoriales et le Conseil économique et social. Après le rejet par l’Assemblée nationale d’un projet de loi en ce sens, l’exécutif a réagi en contournant le parlement par décret, mettant fin aux fonctions des présidents de ces deux institutions.
Pour neutraliser la motion de censure, l’exécutif s’appuie sur l’article 84 de la Constitution, qui permet au chef de l’État de définir la priorité à l’ordre du jour de l’Assemblée. En convoquant une session extraordinaire, le président Faye impose ainsi l’examen de projets de loi qu’il juge cruciaux, reléguant la motion de censure au second plan.
Cette situation tendue survient à l’approche d’une possible dissolution de l’Assemblée nationale, envisagée dès le 12 septembre. L’affrontement entre le gouvernement et l’opposition s’intensifie, dans une véritable course contre la montre, alors que les deux camps préparent déjà le terrain pour les prochaines élections législatives.



